Le trail d’Astérius – 17/11/2013 – Saint Astier

Le club Saint Astier triathlon organisait, le 17 novembre dernier, pour la 5ème année consécutive, son trail où près de 600 participants étaient attendus. Outre deux courses réservées aux enfants et une randonnée pédestre de 13 km, 3 courses étaient au programme :

– la Vallée, 13 km et 300 m D+

– les Coteaux, 24 km et 740 m D+

– l’Astérius, 58 km et 1 400 D+, cette dernière course, qui était une nouveauté 2012, a vu son parcours allongé et modifié de 40 % environ par rapport à l’année précédente et permettait, cette année, de rapporter un point qualificatif pour l’UTMB.

ob_b0d68d_1174684-233073173512703-771651266-nCompte tenu de la distance à parcourir, et afin de permettre des arrivées et l’organisation de podiums synchronisés, les participants à l’Astérius ont été les premiers à prendre le départ, dès 6 h du matin.

Dans des conditions fraîches et sur un terrain rendu gras et glissant par les dernières précipitations, les participants s’en sont donné à coeur joie. Avec 130 bénévoles à leur service, ils ont pu bénéficier d’un accueil chaleureux et d’une organisation sans faille tout au long de cette journée, qui s’est achevée par un buffet campagnard offert à leur arrivée.

A l’exception de l’Astérius sur lequel 2 de ses membres ont connu quelques mésaventures, les courses ont été remportées par les coureurs du team Endurance Shop de Périgueux.

Les deux frangins, qui s’étaient alignés sur la plus longue distance, vous livrent leurs impressions de la course.

Récit de course de Cédric :

Départ à 6h pour 58 km et près de 1400 m de D+, à la lampe frontale, accompagné d’une centaine de courageux.

Température proche de zéro, terrain très gras mais avec assez peu de passages techniques.

DSC00042%27Après le départ, un groupe de quatre ou cinq coureurs se détache jusqu’au 10ème kilomètre environ. Je suis – un peu trop bien – en retrait au sein d’un groupe de trois coureurs et nous sommes victimes d’une erreur de parcours. Retour en arrière forcé qui provoque un regroupement général de l’ensemble du peloton de coureurs.

Au fil des kilomètres qui suivent les écarts se creusent à nouveau, le soleil commence à se lever et il est plus aisé d’évoluer dans les chemins forestiers.

Je finis par rejoindre un coureur qui évolue à une allure qui me convient. Nous courons ensemble plusieurs kilomètres mais finalement un peu avant la mi-course il ralentit et me laisse filer.

Un peu plus tard je rejoins un autre coureur et là encore nous courons ensemble un moment. Mais le scénario précédent se reproduit, il finit également par ralentir et je file à nouveau.

Le parcours est plaisant et les kilomètres défilent tranquillement. Au hasard d’un pointage j’apprends que je suis 4ème.

DSC00077'J’ai négligé les deux premiers ravitaillements et l’arrivée du dernier ravitaillement vers le 42ème km est bienvenue et me sauve d’une hypoglycémie certaine. J’en profite pour me ravitailler correctement en m’arrêtant, quasiment pour la première fois depuis mon départ. Je cours seul désormais et je ne vois personne devant ou derrière moi, même sur les passages dégagés où on voit loin.

Au gré d’un dernier pointage j’apprends que je suis 3ème désormais, alors que je n’ai dépassé personne depuis plusieurs kilomètres. J’en conclus qu’un coureur à l’avant a abandonné. J’apprendrai plus tard qu’il a été victime d’un débalisage sauvage.

Ce dernier ravitaillement m’a redonné de l’énergie, je concède malgré tout quelques brefs moments de marche dans les passages trop pentus.

Au passage du 50ème je sais que le parcours est descendant sur le final et que, sauf accident de parcours, je finirai la course en conservant ma position.

Je franchis la ligne d’arrivée, dans un état de fraîcheur correct, en un peu plus de 5h08′ de course pour 59km300 de course selon mon relevé GPS.

La course est remportée par Guillaume Vimeney en 4h55′ (traileur de haut niveau, vainqueur récent du marathon des Villages en 2h37′), suivi de Jean Marie Ramond (déjà second lors de la précédente édition de l’Astérius et vainqueur récent du trail Montagrier 32 km) et je complète ce podium, un peu par hasard, grâce à un fait de course.

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Récit de course de Cyril :

J’ai beaucoup hésité à prendre part à cette course, inscrite au calendrier de mon club, en raison d’incertitudes sur mon état santé. Depuis le marathon de Toulouse, une raideur au niveau de mon mollet (localisée au niveau du jumeau externe), que j’identifie comme un possible début de contracture, m’a empêché de m’entraîner et de me préparer normalement. Il va aussi falloir en plus se lever tôt, moi qui ne suis vraiment pas du matin, et le froid est annoncé… Après plusieurs jours de repos, la situation semble s’améliorer et je décide de m’inscrire au dernier moment pour accompagner mon frère manifestement très motivé.

Comme prévu, le thermomètre de ma voiture affiche 0 °C au moment où j’en descends pour finir d’enfiler ma tenue. Un sentiment particulier me parcourt à mon arrivée : un peu d’appréhension – car la distance à couvrir est conséquente (à vrai dire la plus longue que j’ai eu à parcourir en compétition jusqu’ici) même si le dénivelé annoncé reste modeste compte tenu du kilométrage – tempérée par le fait que ces lieux ne me sont pas totalement inconnus pour y avoir vécu quand j’étais gamin. Malgré cela, depuis que je me suis mis à la course à pied, je n’ai jamais eu l’occasion d’aller courir sur les traces que nous allons emprunter.

L’heure du départ approche et nous nous dirigeons mon frère et moi vers le gymnase où a lieu le briefing d’avant course. Dernières consignes donc et pointage en règle, au cas où certains auraient la mauvaise idée de se perdre dans les bois… Je constate que mon camarade de club, vainqueur de la précédente édition, n’est pas là. Je me dis qu’il n’est peut être pas tout à fait remis de sa course des 100 km de Millau sur laquelle il a accompli une belle perf., en se classant 18ème en 8h54′ ! Je me demande ce qu’il aurait fait cette année, notamment face au vainqueur, lui qui court ses 100 km aussi bien que ses trails avec des MIZUNO MUSHA… Il aurait certainement joué un peu aux équilibristes avec ce modèle aux pieds.

En ressortant du gymnase, je ne ressens pas trop le froid grâce à mes gants, mon bonnet ainsi que le buff de bonne facture offert à chaque participant, que j’ai immédiatement adopté et que je porte en foulard. Cela me donne aussi l’occasion d’apprécier toute la qualité de mes équipements achetés dernièrement (manchons de bras et sous-couche CRAFT notamment) pour l’hiver. Le choix des équipements en course n’est pas toujours facile à opérer, et il n’est pas non plus conseillé d’être trop vêtu. Je me dis que mon petit sac à dos contenant ma réserve d’eau pourra me servir pour y ranger des équipements, si toutefois j’avais trop chaud, mais je sais aussi que le fatigue de fin de course ou un “coup de pompe”, sur le long, peut entraîner une baisse de la température corporelle.

Pour la première fois, je vais courir avec une frontale que je me suis procurée à la dernière minute, et avec laquelle je n’ai effectué qu’une petite sortie nocturne. J’allume et je dois avouer que je trouve le spectacle de toutes ces lampes assez féerique, dans la nuit. Le stade du Roc (lieu de joute des rugbymen locaux), d’où nous partons, est à proximité de la rivière (l’Isle). A la brume légère qui a envahi les lieux, s’ajoute la blancheur de la gelée sur la pelouse, accentuée davantage encore par la lumière de nos lampes.

Je jette un coup d’oeil aux participants regroupés sous le totem de départ : manifestement certains, les poings fermés posés sur les hanches, ne sont pas venus là pour rigoler.

Le top départ est donné sous une musique du groupe AC/DC. Tout cela est extrêmement exaltant et excitant, allons donc affronter la bête ASTERIUS !

Après un premier tour de stade, nous partons en direction de la rivière pour une traversée éclair de Saint-Astier, où nous passons au pied de son église millénaire, pour aborder immédiatement après la première difficulté. Très rapidement, la ligne des concurrents s’étire. Après ma désillusion de Toulouse, je ne me suis pas mis la pression. Mon seul objectif est de finir cette course et de courir aux sensations. Adepte des courses courues en “flat split”, je pars donc prudemment en décidant de marcher dans toutes les montées un peu raides.

Je me cale derrière un petit groupe. Malgré mon rythme modéré, je n’éprouve aucune difficulté à les suivre. Je vais être victime comme mon frère d’une première erreur de balisage. Mais, comme je suis en retrait par rapport à lui, à ce moment de la course, je me retrouve à recoller avec la tête de la course revenant vers moi, à qui j’emboîte immédiatement le pas. Cette avance ne sera que de courte durée car, obligé de m’arrêter à cause d’un lacet défait, il me doublera en m’interpellant, me voyant ainsi accroupi. Je le rassure immédiatement : “fais ch…., c’est mes lacets” !”. Pas évident à refaire dans la nuit et avec les gants.

La situation rentre ensuite peu à peu dans l’ordre, et la logique sportive reprend le dessus. Je maintiens une allure constante qui me permet de revenir un à un sur les coureurs qui me précèdent, au fur et à mesure que le jour se lève. On découvre alors mieux les paysages qui nous entourent. Je suis un peu en mode ballade, le couple cardio-respiratoire n’est pas trop poussé, je suis bien, aucune douleur ni gêne.

DSC00093Après m’avoir annoncé 19ème au premier ravitaillement, on m’informe au suivant que je suis 12ème. Progressivement, je reviens sur les coureurs se trouvant devant moi. Je reconnais celui se trouvant le plus près, il fait partie du club organisateur, il a pris part à l’édition précédente et a participé à la reconnaissance d’avant-course qui a eu lieu quelques semaines auparavant. Il doit bien connaître le parcours. Sa façon de courir est erratique et assez déconcertante, je dois dire. Il se retourne souvent, s’arrête brusquement (même sur des portions plates) et repars aussi vite. Sa foulée est marquée par des gestes parasites, ce qui malgré tout n’affecte pas sa vitesse, car il semble assez robuste et taillé pour ce type d’épreuve. Après avoir recollé, je décide de le suivre, je me sentirai moins seul…

Alors que nous nous rapprochons du 10ème et que je décide de forcer un peu l’allure, mon camarade de route en profite pour exécuter devant moi un magnifique soleil. Après avoir glissé dans une ornière, je le vois tomber de tout son long dans la boue. Plus de peur que de mal heureusement. Je pense que cet incident va le perturber et le faire peut être ralentir, mais il n’en est rien. Dur au mal, il repart et finalement c’est moi qui finit par lâcher, dans un raidillon. Sentant l’hypoglycémie arriver, je décide de marcher et de me ravitailler avec une barre et un gel. Je ne suis pas trop adepte de ces produits, j’en consomme rarement en course, me contentant de ce qui est servi sur les ravitaillements. Je les avais emportés, plus pour me conformer au règlement. Je dois avouer qu’ils sont bien passés et m’ont permis de reprendre une allure correcte au bout de quelques minutes.

C’est à ce moment là que je vais être rattrapé par mon poursuivant. Quelques hectomètres plus loin, notre progression est de nouveau freinée par un débalisage sauvage, le fléchage incohérent indiquant la direction du ciel. Le coureur qui m’accompagne me propose alors de partir chacun dans une direction. Je suis le premier à retrouver la rubalise et je le rappelle. Il me fait alors signe de ne pas l’attendre, ce qui me paraît inconcevable. Nous cheminons alors un peu ensemble. Mais très rapidement, je le distance au train. Malgré, des délaçages aussi inhabituels qu’intempestifs dont je suis à nouveau victime, et en dépit d’un arrêt prolongé au ravitaillement, je ne suis plus repris et je ne trouve à courir seul sur cette fin de course. Je pense alors que ma place est acquise, après m’être retourné au bout de longues lignes droites où je n’ai aperçu personne revenir.

Je vais payer cet excès de confiance sur le final, alors qu’une portion roulante m’aurait permis de relancer, en étant repris à 2 km de l’arrivée dans la descente. Je suis alors dépassé par un concurrent, dont j’apprendrai qu’il avait terminé 3ème l’année précédente, prenant à mon goût beaucoup de risques. Je décide alors de le laisser partir pour ne pas risquer de me blesser inutilement.

Je termine finalement en un peu plus de 5h38′, à la 13ème place, talonné par la première féminine.

Quelques liens :

Le site de l’organisateur

La page facebook

Compte-rendu de Guillaume Vimeney, vainqueur du trail d’Astérius

http://www.sudouest.fr/2013/11/14/trails-du-dimanche-1228573-2247.php

http://www.sudouest.fr/2013/11/20/ils-etaient-plus-de-600-1234493-2247.php

http://www.lepape-info.com/calendrier-des-courses/4303/saint-astier/trail-de-saint-astier/2013

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