Sac d’hydratation Camelbak Rogue au banc d’essai

Afin de prendre part au trail d’Astérius (58 km/D+ 1400 m) qui a eu lieu en novembre dernier, il a fallu que je m’équipe en conséquence, ne serait-ce que pour me conformer aux exigences du règlement imposant à chaque participant d’emporter avec soi :

– une réserve d’eau (minimum 500 ml) ;
– une réserve énergétique ;
– une couverture de survie ;
– un sifflet ;
– une lampe frontale.

J’avais pu tester par le passé deux modèles de porte-gourde qui ne m’avaient pas convaincu, pour plusieurs raisons. D’un point de vue pratique, la ceinture avait tendance sur l’un des modèles à se desserrer en courant et à remonter, accentuant ainsi le ballottement de la gourde lorsqu’elle était remplie. J’étais tenté de la serrer davantage, et la ceinture me comprimait alors l’estomac. A cela s’ajoutait le fait que, dans un cas, la gourde était dure à sortir et à remettre dans son logement. Dans l’autre cas, c’était l’inverse, il arrivait même qu’elle tombe. J’avais rencontré aussi des problèmes d’étanchéité sur une gourde qui finissait par me mouiller dans le bas du dos, sans parler des tâches sur les vêtements si j’avais eu l’idée d’ajouter à l’eau du sirop ou une poudre pour préparation de boisson isotonique. Bref, une somme de petits détails devenant très pénibles quand vous avez décidé de l’emporter pour faire votre sortie longue du dimanche.

Dans la mesure où les règlements sont parfois plus contraignants au niveau de la réserve d’eau et qu’il m’arrive aussi de faire des sorties en VTT, je me suis mis en recherche d’un sac d’hydratation équipé d’une poche à eau d’une capacité d’au moins 1,5 l, quitte à ne pas la remplir au maximum en fonction des circonstances (selon la distance ou la durée de la sortie, ou bien le type de course : en autonomie ou en semi-autonomie…).

En plus de la poche d’eau, le sac devait comporter suffisamment de rangements pour pouvoir emporter quelques barres ou gels énergétiques, la couverture de survie ainsi que le sifflet obligatoires. Je me suis dit aussi qu’il serait bien que ce sac soit assez spacieux pour permettre le stockage de la frontale, une fois que je n’en n’aurais plus l’utilité en course, ainsi que d’un coupe-vent pour pouvoir le mettre ou l’enlever et le ranger, en cas de besoin.

Après quelques recherches, mon choix s’est porté sur le modèle ROGUE de chez CAMELBAK.

Camelbak-2014-Rogue-2L-Hydrobak-800
(CAMELBAK ROGUE 2014 – disponible en 4 coloris différents)

Plusieurs critères ont guidé mon choix. En premier lieu, celui-ci répondait bien à mon « cahier des charges ». Pour un premier achat, il s’agissait en plus d’un produit d’une marque bénéficiant en la matière d’une notoriété incontestable. C’était rassurant. Enfin, commercialisé au prix public conseillé de 70 €, son tarif me paraissait également concurrentiel d’autant que je n’ai eu aucun mal à le trouver en vente à côté de chez moi à 60 € (sans qu’il soit spécialement soldé ou en promotion) dans plusieurs magasins et que, pour les amateurs de commerce électronique, on pouvait même le trouver facilement bien moins cher encore (jusqu’à moins de 45 €).

Pour ma part, j’ai préféré jouer la carte de la proximité et de la disponibilité immédiate en magasin. J’ai ainsi pu examiner de près le produit et l’enfiler sur le dos pour me faire une idée avant l’achat.

A cette occasion, j’ai trouvé en vente dans les rayons deux autres modèles de la marque (HYDROBAK et CLASSIC), que je n’ai finalement pas retenus : le premier parce qu’il était trop « minimaliste », le second très proche du modèle ROGUE, offrait moins de rangements.

Fabriqué avec le même soin que ces deux autres modèles, le modèle ROGUE a été conçu, selon le fabricant, pour les sorties randonnée ou VTT de plus de 2 heures. A cet effet, il intègre un réservoir à eau doté du nouveau système « Antidote » à remplissage extérieur, mis au point par CAMELBAK, d’une contenance de 2 l.

Il dispose également d’un volume total de chargement de 3,28 litres (données fabricant), répartis sur différents espaces.

Avec une telle capacité, ce sac ne vous transformera pas non plus en Sherpa. Mais ses deux poches sécurisées, munies d’une fermeture éclair, vous permettront de ranger le minimum nécessaire à emporter. A l’intérieur de l’une de ces deux poches, un porte-clés bien pratique a été prévu. En complément, un autre espace, intégré de façon à ranger un casque de vélo, pourra tout aussi bien accueillir une veste ou d’autres vêtements légers (bonnet, gants, casquette…). Une sangle élastique a été ajoutée, à l’intérieur de ce rangement, prévue pour pouvoir y loger une pompe à vélo.

La poche à eau est amovible facilement. Il est ainsi possible de transformer le ROGUE en sac à dos classique et d’étendre ainsi sa capacité. On pourra alors glisser une gourde ou une bouteille et s’en servir notamment en randonnée, si la poche à eau n’est pas indispensable.

Extérieurement, plusieurs inserts réfléchissants ont été placés afin d’améliorer la visibilité du sac et de son porteur.

Autre point positif, le sac a été confectionné avec un matériau isolant de façon à maintenir au frais le contenu de la poche à eau. La finition est irréprochable au niveau des coutures et des ajustements. A l’usage, le produit s’avère solide et ne comporte à ce jour aucune trace d’usure apparente. Un bon point donc de ce côté là.

Il est équipé d’une ceinture pectorale reliant les deux bretelles. J’ai testé à trois reprises ce sac en conditions de course, sur des sorties allant de 2 h 15 à 5 h 30, et j’ai pu me rendre compte que, contrairement à ce que je craignais, l’absence de ceinture ventrale ne nuisait en rien à la stabilité de l’ensemble, même en étant bien chargé.

Le sac possède un panneau dorsal ventilé censé améliorer la dissipation de la chaleur. Testé uniquement en hiver, par temps froid, je n’ai pas été en mesure de le vérifier. Cet insert s’avère également bien rembourré, ce qui contribue incontestablement au confort du sac.

Des sangles de réglage ont été disposées sur les bretelles afin d’ajuster au mieux le sac. Petit détail appréciable, un système de velcros a été placé de façon à retenir les bouts de sangles excédentaires roulées en « escargot ». Rien ne dépasse donc, ni ne pend inutilement.

Les bretelles sont également assez larges et épousent parfaitement la forme du corps.

Une fois sur le dos, le sac se révèle confortable et ergonomique. Très compact, il ne pèse que 425 gr. Placé haut, il se fait vite oublier, et c’est bien sa qualité première. En course, ce positionnement fait que le sac ne vient pas entraver le mouvement de balancier des bras. Il assure une parfaite liberté de mouvements.

AntidoteS’agissant de sa fonction première, à savoir l’hydratation, on sent dans la conception de ce sac tout le savoir-faire et l’expertise du fabricant en la matière. La poche à eau, parfaitement intégrée et maintenue dans le sac, adopte une forme rectangulaire qui permet de répartir le poids verticalement le long de la colonne vertébrale. Celle-ci ne vient pas appuyer sur les lombaires.

Incontestablement, son atout principal réside dans sa large ouverture à laquelle on accède très facilement. Elle peut ainsi être remplie rapidement en course. Elle est également facile à nettoyer.

Pour boire, on dispose sur l’embout d’une pipette en silicone se refermant automatiquement. Celle-ci est munie en complément d’un robinet permettant de couper le débit. Elle est reliée par un tuyau jusqu’à la poche au moyen du système Quick link, rendant le démontage aisé.

Quick linkLe tout est guidé et maintenu le long de la bretelle par une système de passants. Un crochet rigide a été prévu sur l’autre bretelle afin de permettre d’accrocher le tuyau et de venir le placer au plus près de la bouche. Ainsi, il ne suffit plus alors que de tourner et d’incliner légèrement la tête pour boire. J’ai personnellement un peu de mal à boire tout en courant. Avec ce système, je peux là sans difficulté me désaltérer par petites gorgées successives, sans être incommodé ni gêné dans ma progression.

Pour ma part, je dois dire que je n’ai rempli la poche qu’avec de l’eau et je n’ai ressenti, jusqu’à présent, aucun mauvais goût.

Au demeurant, si ce sac remplit parfaitement sa fonction d’hydratation, je me suis rendu compte à l’usage qu’il lui manquait des rangements accessibles pour pouvoir se ravitailler en solides en courant.

Si l’on ne dispose pas de poches sur le maillot ou le short, prévues à cet effet, il faut alors obligatoirement détacher le sac pour accéder au ravitaillement. Même si l’on peut concevoir que cela ne soit pas prévu d’origine, on peut toutefois regretter que le fabricant n’ait pas envisagé la possibilité d’ajouter ce type d’accessoire, comme on peut le voir sur d’autres produits concurrents. Pour combler cette lacune, je réfléchis actuellement pour me confectionner un système de velcros afin de pouvoir fixer deux poches additionnelles sur les bretelles. De même, il n’est pas possible d’ajouter de gourdes optionnelles sur les bretelles.

Sur ce point, et de façon plus générale, ce sac s’avère peut modulable.

Enfin, autre petit détail, on peut également regretter que le fabricant n’ait pas prévu non plus d’intégrer un sifflet, comme on peut le voir sur d’autres modèles de la marque ou chez les concurrents.

En conclusion,

Ce CAMELBAK ROGUE, de par sa polyvalence, ravira tous les pratiquants multisports (randonnée, course à pied, vélo, VTT…) et les amateurs de raids en tous genres. Solide et présentant un bon rapport qualité/prix, il excelle dans son fonction d’hydratation, tout en offrant une capacité et des rangements permettent d’emporter le minimum nécessaire. Ce produit se révèle toutefois peu modulable (on pourra au mieux le convertir en sac à dos classique) et ne peut recevoir d’équipement optionnel.

Les spécialistes du trail long et d’ultra-trail pourront être ainsi tentés, à juste titre, de se tourner vers des produits plus spécialisés et aboutis pour la pratique de leur sport, ou d’une plus grande capacité de rangement.

Chez CAMELBAK, on pourra également lui préférer le modèle OCTANE LR, un peu plus lourd et encombrant, et plus onéreux également, mais qui est équipé d’une ceinture ventrale munie d’espaces de rangement sur les côtés, ainsi que d’un sifflet.

Bilan

+

Bon rapport qualité/prix

Solidité

Ergonomie

Polyvalence

Parfait pour l’hydratation

Présence de plusieurs rangements permettant d’emporter le minimum nécessaire

Modularité limitée

Absence de poche prévue pour le ravitaillement solide en course

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