1ère édition du marathon des forts du Périgord – 09/03/14 – Compte-rendu

Natifs de la Dordogne et plutôt adeptes des courses longues distances, on ne pouvait pas passer à côté de la première édition du marathon des forts du Périgord. Inscrite de longue date à notre calendrier, nous nous sommes donc rendus ensemble pour participer à cette course organisée par une équipe d’étudiants en développement touristique, de l’IUT de Périgueux.

La course vue par Cyril :

Quand nous sommes arrivés au domaine des Chaulnes vers 7 h 15, tout était déjà bien en place et les équipes de bénévoles en action pour guider les voitures vers les parkings aménagés aux abords. La grande arche d’arrivée sous laquelle nous allions passer quelques heures plus tard avait fière allure, et je me voyais déjà franchissant la ligne au terme d’un effort qui promettait, compte tenu de la distance à parcourir, d’être assez intense.

Pour le chronomètre placé juste à côté, j’étais plutôt dans le flou. Pas évident d’extrapoler sur une telle course à laquelle on n’a jamais participé et qui est difficilement comparable à une autre, même de distance équivalente, en raison de la singularité du parcours. Je m’étais toutefois mis en tête de boucler symboliquement l’épreuve en moins de 4 heures.

Après avoir laissé mon véhicule sur place, nous nous sommes dirigés avec mon frère vers la navette qui devait nous acheminer jusqu’au parc public de Pombonne, pour le départ.

Nous sommes montés dans le bus où de nombreux coureurs attendaient déjà. Il y avait là quelques têtes connues que j’ai saluées en allant m’asseoir. J’ai profité de l’attente des retardataires et du trajet pour fermer les yeux et me reposer un peu.

A l’arrivée sur le site de Pombonne, j’ai été là aussi agréablement surpris par la rigueur de l’organisation. Du retrait des dossards au dépôt du sac en consigne, chaque bénévole s’est montré souriant et disponible pour répondre à la moindre sollicitation des participants. A une heure du départ, j’ai pu prendre mon temps pour photographier et pour discuter avec Fréditto, qui nous a donné des nouvelles concernant le projet d’association des coureurs du Périgord (dont nous aurons l’occasion de vous reparler très prochainement), ainsi qu’avec des collègues de club du Périgueux Running.

 Fréditto

(Freditto tout sourire juste avant le départ)

J’ai constaté que le soleil était déjà bien présent dans le ciel. La météo annonçait entre 20 et 21°c au plus fort de la journée. Cette chaleur relative pour la saison était tempérée par un léger vent, mais risquait de se faire ressentir en fin de course, lorsque le soleil serait au plus haut dans le ciel, sur des organismes par encore vraiment habitués.

Nous avons pu assister au départ des VTT, un quart d’heure avant que n’arrive notre tour. Mon frère s’était placé à l’avant du peloton, dans le sas de départ, sans doute pas seulement pour admirer la démonstration de ZUMBA donnée pour nous. Comme à son habitude, il allait très certainement partir avec le couteau entre les dents. Juste le temps d’enclencher ma montre GARMIN et nous sommes partis en direction de la voie romaine, pour suivre les sentiers du GR 654 composant l’essentiel du parcours.

Parti tranquillement, je me suis rapidement fait doubler par de nombreux concurrents. Dans la masse, il était difficile de faire le tri entre les coureurs en solo et ceux participant aux relais, calés normalement sur une allure plus élevée.

Après être sorti du parc, nous avons emprunté une partie bitumée en faux plat montant qui m’a permis de reprendre sans forcer quelques coureurs déjà ralentis par cette première ascension.

Je n’ai pas trop vu passer les premiers kilomètres, plus absorbé par observer les parcelles de vignoble et l’environnement. Après 7 kilomètres de montée régulière, nous avons basculé vers une partie en descente jusqu’au 10ème kilomètre où se trouvait le premier ravitaillement, que j’ai décidé d’ignorer. Parti avec mon Camelbak, je me suis dit que ce serait suffisant pour tenir jusqu’au second ravitaillement, situé au 27ème kilomètre.

A l’approche du 13ème kilomètre, j’ai reconnu devant moi Antoine Chevalier, dans son style caractéristique, qui m’avait accompagné un moment sur l’Astérius, en novembre dernier. Il courait en groupe avec deux autres coureurs. En revenant sur eux, je me suis vite aperçu que mon ancien compagnon de route qui m’avait déposé sur le trail à Saint-Astier n’était pas ce jour là au mieux de forme. On a échangé quelques mots, m’expliquant qu’il s’était moins entraîné et préparé cette année, et il m’a fait signe de ne pas l’attendre. J’ai alors continué avec les deux autres concurrents que j’ai finalement abandonnés également, un kilomètre plus loin, en me collant dans le sillage d’un relayeur qui venait de nous dépasser.

Après une succession de montées et de descentes, le parcours est devenu assez roulant, avec de nombreuses portions en calcaire bien stabilisées. Sur les autres parties en terre, le parcours s’est révélé très praticable, souple et agréable à courir, à l’exception de passages résiduels témoignant des fortes précipitations des semaines précédentes que les quelques jours de beau temps n’avaient pas permis d’assécher.

Altitude

(Profil du parcours)

C’est à l’approche des 2 heures de course que j’ai commencé à ressentir un coup de mou dû, sans doute, à une transpiration assez importante et à la perte de sels minéraux non compensée par la simple absorption de l’eau contenue dans mon sac d’hydratation.

J’ai donc vu arriver le ravitaillement du 27ème kilomètre comme une bénédiction, et j’en ai profité pour me jeter sur le Coca, les tranches de banane et les morceaux d’orange posés sur les tables. A partir de là, si je connaissais le parcours pour l’avoir reconnu un mois auparavant, je savais aussi que c’était la partie la plus dure qui m’attendait.

Après cet arrêt, j’ai eu du mal à me relancer surtout qu’à ce niveau, le parcours repartait en montée sur près de 2 kilomètres. J’ai alors croisé un concurrent faisant demi-tour. J’avoue que l’idée d’abandonner comme lui m’a traversé l’esprit une fraction de seconde, mais j’ai finalement vite été dissuadé par la présence de concurrents en point de mire vers lesquels j’ai tourné mon attention.

Après avoir basculé au sommet, j’ai rejoint un coureur avec lequel j’ai pensé faire route commune. Il décrochera assez vite, semblant être déjà dans le dur. Ce scénario de course se répétera plusieurs fois jusqu’à l’arrivée où, en dépit d’une allure allant en fléchissant, je vais ainsi revenir sur plusieurs coureurs sans pouvoir rester longtemps au contact, et sans jamais être dépassé non plus. C’est une course finalement assez solitaire que je mènerai jusqu’au bout. Bien qu’étant seul la plupart du temps, je ne me suis cependant jamais perdu tout au long du parcours grâce au balisage irréprochable et à la présence de nombreux signaleurs.

MDF4

(Photo de l’organisation)

Arrivé au sommet de la côte située au 36ème kilomètre, juste après le dernier ravitaillement, j’ai été pris de violentes crampes au mollet droit qui m’ont obligé à stopper immédiatement. Je me suis dit que la fin allait être compliquée. Je n’avais plus qu’une idée en tête, c’était de pouvoir finir. Après avoir effectué quelques étirements, j’ai pu reprendre ma progression. Je me suis mis alors à alterner marche et course sachant que, si je ne ralentissait pas immédiatement dans les montées, j’y serais de toute façon rapidement contraint avec le risque de devoir également marcher dans les portions plates.

Au pied de la dernière ascension, au 39ème kilomètre, je savais qu’une fois passée cette difficulté la course était pour ainsi dire terminée. Je suis monté en marche rapide en concentrant mon attention sur 2 coureurs qui se trouvaient devant moi. J’ai pu les reprendre en arrivant au sommet. L’un des deux m’a dit qu’une tendinite qui s’était réveillée au niveau du genou l’empêchait de courir normalement. C’est alors que j’ai été pris à nouveau de crampes, mais aux deux mollets cette fois. Je me suis demandé si ce n’était pas dû aux bas de compression que j’utilisais pour la première fois en course sur une aussi longue distance, et qui me serraient peut être trop les mollets. Plus probablement, il fallait mettre ça sur le compte de la déshydratation. Je n’avais malgré tout jamais souffert autant de crampes sur une course.

Alors que j’avais pensé finir en relais avec les 2 coureurs que j’avais rejoints, pour une arrivée commune, je me suis aperçu que ces derniers étaient également à la peine. J’ai préféré repartir à mon rythme, trop pressé d’en finir.

Les deux derniers kilomètres parcourus se sont en définitive révélés être une formalité, à la faveur d’une arrivée sur une route en bitume en faux plat descendant.

Malgré cette fin de course un peu chaotique, mission accomplie puisque j’ai franchi la ligne d’arrivée en un peu plus de 3 h 48, à la 8ème position.

Le temps de rejoindre mon frère, et nous sommes partis à la douche avant de revenir vers l’aire d’arrivée située dans la cour intérieure du domaine des Chaulnes, où nous sommes allés profiter du buffet en regardant les autres concurrents en terminer.

 Arrivée

Nous avons pu à cette occasion apprécier le magnifique cadre, et notamment les pelouses où nombreux sont ceux qui s’étaient installés au soleil pour manger, discuter ou avaler quelques verres de bière bien mérités.

13041050153_658a7d5e0b_c

Nous avons ensuite assisté à la remise des prix où, décidément ça devient une habitude pour lui, mon frère s’est vu remettre le panier garni attribué au 4ème.

Podium

Le compte-rendu de Cédric :

Je n’ai pas suivi de préparation spécifique pour cette course, tout au plus quelques séances de côtes sur route et quelques rares sorties nature. Il faut dire que la météo très pluvieuse de ces dernières semaines a eu de quoi rebuter les ardeurs à ce niveau.

Ceci dit, je suis convaincu que les séances sur route à allure marathon, débutées en mars, m’ont été bénéfiques sur ce trail et, inversement, je suis persuadé que le trail permet de développer des qualités utiles à l’amélioration de la performance sur route.

Le soleil très présent dès le début de la matinée laissait augurer d’une journée magnifique et des conditions idéales. Le vent aurait pu assombrir un peu le tableau mais il sera finalement salvateur et rafraîchissant pendant la course.

Soleil

Dans la mesure où je ne me ravitaille jamais lors de mes sorties longues de 2h et que je me contente des ravitaillements fournis par l’organisation sur marathon et 50 km route, j’ai pris le risque de partir sans moyen d’hydratation. Ce choix ne s’est pas révélé très judicieux et j’en ai finalement assumé les conséquences sur la toute fin de course.

Après le départ de la randonnée VTT à 9h45, et l’animation assurée par un groupe de danseuses, nous avons rejoint le sas de départ, mélangés avec les coureurs du relais, pour un départ aux alentours de 10h.

VTT

Bien sûr, il n’était pas question de suivre les premiers coureurs du relais à 2 ou à 4 qui s’élançaient respectivement pour 27 km et 10 km. J’ai donc laissé le flux de coureurs s’étirer devant moi pour me caler dans la foulée d’un coureur individuel que j’avais repéré dans le sas.

Son allure me convenait bien en ce début de course, soutenue mais maîtrisée dans les montées compte tenu de la distance à couvrir, et nous nous sommes relayés au fil des enchaînements vallonnées qui ont ponctué ces premiers kilomètres dont le profil était globalement ascendant.

Nous avons donc cheminé ensemble, sur un bon rythme, jusqu’au premier ravitaillement du 10ème kilomètre (premier relais à 4) atteint au bout de 44’ environ, où j’en ai profité pour m’arrêter très – trop – brièvement.

Pendant ce temps là, mon compagnon du moment, qui a zappé le ravitaillement, en a profité pour filer et j’ai dû m’employer pour refaire mon retard dans la descente qui a suivi. J’ai réussi à recoller rapidement et c’est à cette occasion que nous avons rejoint un troisième coureur individuel, parti plus vite visiblement.

Cette alliance de circonstance nous a permis de maintenir un tempo toujours soutenu pendant plusieurs kilomètres mais, malheureusement pour moi, la chaleur combinée à un léger manque d’hydratation m’a contraint, à partir du 20ème kilomètre, à réduire un peu l’allure et j’ai décroché le groupe.

A ce moment, j’ai bien crû que je ne reverrais plus ces deux coureurs avant l’arrivée mais je n’ai pas renoncé et j’ai essayé de m’accrocher patiemment afin de les garder en ligne de mire jusqu’au deuxième ravitaillement du 27ème kilomètre.

MDF1

L’arrivée du deuxième ravitaillement, après environ 2h01′ de course, s’est révélée salvatrice. Par ailleurs, à partir de là, j’avais l’avantage d’avoir participé à la reconnaissance il y a un mois et donc d’évoluer en terrain connu.

Cela m’a permis de me remobiliser pour, contre toute attente, recoller dans une longue portion montante les deux coureurs que j’avais suivis précédemment.

A la faveur de ce retour, j’en ai profité pour prendre la tête du trio et, par la suite, décrocher tout le monde au train pour arriver seul au troisième ravitaillement, bienvenu également.

Je savais qu’il restait la terrible côte du 39ème kilomètre à négocier et j’ai pensé, à tort, que mes poursuivants ne reviendraient plus. Annoncé deuxième par un suiveur – j’étais en réalité troisième – j’ai pensé pouvoir gérer la fin de course grâce à ma petite avance. C’était sans compter sur l’arrivée inéluctable des premiers signes de crampes et la fraîcheur résiduelle de mon compagnon de la première heure, qui m’a repris dans l’ascension de la dernière difficulté.

Malgré une dernière tentative pour m’accrocher, je n’ai pas pu suivre son rythme et c’est en 3h21’ que j’ai franchi la ligne en 4ème position, à 50’’ du troisième et près de 2’ du second.

A l’arrivée, j’ai eu le plaisir de retrouver ce coureur sympa, qui m’a précédé de peu sur la ligne après m’avoir accompagné une bonne partie de la course, pour le féliciter et échanger un peu.

En dépit de cette fin de course mal gérée, je suis pleinement satisfait de ma place et de mon chrono. J’ai beaucoup apprécié le parcours que j’ai trouvé exigeant mais suffisamment roulant pour moi et sans grosse difficulté technique.

Publicités

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. DaJo dit :

    Superbes perfs les frangins !
    Assez kamikaze qd même pour la gestion des ravitos 😉

    1. Merci !
      Oui en effet c’était assez gonflé, surtout compte tenu des prévisions météo.
      N’est pas Alain Mimoun qui veut !
      Certains participants ont estimé qu’il avait manqué un ravito entre le 10 et le 27ème km.

  2. theil dit :

    Effectivement bravo ! Un récit bien agréable à lire lorsque plongé dans l’organisation on ne voit pas ces aventures.. !

    1. ccdumonteil dit :

      Un succès amplement mérité, on attend avec impatience la prochaine édition « Brantôme – Bourdeilles » annoncée pour le 8 mars 2015

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s