Le marathon de Montauban – 06/04/2014 – Compte-rendu

Le compte-rendu de Cyril :

Après mon échec à Toulouse où j’avais dû abandonner au 30ème kilomètre suite à des douleurs musculaires, j’attendais ce rendez-vous avec le marathon de Montauban avec une certaine impatience, comme une sorte de revanche.

Pour l’avoir couru l’année dernière, j’en connaissais déjà le parcours et c’est donc sans aucune appréhension que je me suis présenté sur la ligne de départ. Avec une précédente marque de 3h08’35, et compte tenu de ma préparation, je m’étais fixé un objectif de 3h05′ voire moins si les sensations étaient au rendez-vous. Pas de vent et une température clémente, les conditions météo étaient idéales, alors pourquoi pas même aller chercher mon record personnel sur la distance (3h01’16)…

Comme l’an dernier, nous étions regroupés avec les concurrents du 10 km, du semi, et du marathon en relais, cela allait donc partir vite pour certains. Pas de panique, car des meneurs allure avaient été mis en place par l’organisation pour les marathoniens. J’avais décidé de partir avec celui des 3 h, avec l’idée d’essayer de le suivre autant que possible.

Il y avait manifestement plus d’affluence que l’année dernière et j’ai très rapidement perdu de vue mon frère, inséré dans le sas élite, qui m’accompagnait dans l’aventure. Au milieu de tout ce monde, je n’ai pas trouvé non plus Philippe, mon collègue du Périgueux Running, qui partait de toute façon avec des objectifs chronométriques plus élevés que les miens.

A peine le départ donné, j’ai été surpris par un mouvement de foule devant moi, c’était un peu la panique : une moto de l’organisation venait de tomber à terre…

Les choses se sont toutefois assez vite décantées. Je n’ai pas eu trop de mal à reprendre ma progression et à repérer le meneur d’allure avec son oriflamme bien accrochée dans le dos. Le tempo imprimé durant les 3 premiers kilomètres s’est révélé un peu rapide par rapport à l’allure cible. Nous étions plus près des 4’06 que des 4’15/km. Mais les sensations étaient bonnes en ce début de course et, bien que me tenant un peu en retrait, j’ai décidé de le suivre.

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(Photo Running Mag – 6ème km de course : jusqu’ici tout va bien !)

L’allure s’est progressivement ralentie pour se caler autour des 4’12/km.

Nous avons atteint le 10ème km en 42’10. A cet endroit, alors que nous étions en train d’évoluer sur une partie un peu plus étroite, où le nombre de coureurs rassemblés derrière le meneur d’allure était plus dense, j’ai alors vu l’un d’entre eux s’écrouler, après avoir percuté l’un des poteaux placés de part et d’autre du chemin. La faute à pas de chance, et même si les coureurs ont pour usage de signaler entre eux ce type de d’obstacle, un moment d’inattention ou un manque de lucidité peut vite vous faire chuter…

Même s’il ne faisait pas extrêmement chaud, le soleil s’est rapidement fait sentir. Dès le début, j’ai donc pris le parti de me ravitailler à tous les stands. Décroché de quelques mètres à chaque arrêt, je n’ai pas éprouvé de difficulté à revenir.

C’est à l’approche du 20ème km, dans le faux plat montant vers le retour en centre ville, que j’ai commencé à ressentir un peu plus de mal à suivre. J’ai laissé volontairement le groupe me distancer pour ne pas forcer, sachant que je reviendrais dans la descente située juste après ce passage. C’est ainsi que je suis passé isolé à mi-parcours, après 1h29′ de course. A ce stade je bénéficiais encore d’une petite marge sur l’objectif fixé.

J’ai du finalement m’employer un peu plus que prévu pour recoller car si ça descendait pour moi, ça descendait aussi pour le groupe du meneur d’allure qui en a profité également pour augmenter un peu le train.

Nous avons alors abordé une partie sinueuse où je me suis rendu compte que j’avais de plus en plus de mal à soutenir le rythme. Ma foulée se faisait moins souple et je semblais manquer manifestement de fraîcheur. J’ai immédiatement décidé de ne pas m’accrocher comme un mort de faim au groupe des 3 h pour ne pas me mettre dans le rouge. Après avoir suivi jusqu’au 23ème km, j’ai été progressivement distancé.

Malgré ce relâchement, j’ai commencé à ressentir comme lors du marathon de Toulouse que mes quadriceps se raidissaient et que, vers le 30ème km, ces sensations se propageaient progressivement au niveau de mes mollets. Sauf que là, il n’y aurait pas la possibilité de prendre le métro en resquillant pour rentrer. De toute façon, même si je devais finir en rampant, je m’étais dit après le marathon de Toulouse que l’abandon ne faisait plus partie de mes options.

Et malgré tout, j’étais quand même encore largement en état de courir, même si les conditions faisaient que mes jambes n’étaient plus en mesure d’obéir autant que l’aurait voulu mon cerveau. Fataliste, j’ai décidé de prendre les choses par le bon côté en me disant que ça me ferait une sortie longue qui pourrait toujours me servir dans la perspective de ma prochaine participation aux 50 km de Belvès. J’attaquais à ce moment là de la course la partie longeant un canal, cheminant le long d’une voie verte ombragée. L’endroit était finalement plutôt agréable.

En passant de l’autre côté de la rive, j’ai aperçu deux féminines assez proches l’une de l’autre, et, au loin, ce qui me semblait être le meneur d’allure du groupe 3h15′. Difficile de dire à quelle distance il se trouvait, mais cela m’a semblé suffisamment proche pour me piquer au vif. Je me suis alors mis en tête de faire en sorte de maintenir une allure suffisante pour ne pas me faire reprendre.

A l’approche du 35ème j’ai été doublé par la première féminine que j’avais aperçue quelques temps auparavant. Elle semblait avoir des suiveurs à vélo. Nous avons alors abordé la partie finale du parcours qui n’est pas, il faut bien le reconnaître, la plus plaisante car située en bordure d’un axe routier.

C’est alors que j’ai aperçu arrivant à contresens sur un vélo une tête qui ne m’était pas inconnue. C’était Joss, animateur assidu du forum cours et causse qui m’avait accompagné avec mon frère, l’an dernier, sur une partie du 50 km de Belvès. Je l’avais vu en début de course, très en jambe, au niveau du 6ème kilomètre. J’ai vu après coup qu’il avait participé au 10 km et qu’il avait réalisé un bon temps. Le fait qu’il me reconnaisse et qu’il m’encourage, à ce moment de la course, m’a bien remotivé.

Une fois le 40ème km passé, je savais qu’il ne me restait plus qu’une interminable ligne droite avant d’aborder le faux plat montant vers le centre ville et l’arrivée. Retrouvant un peu de vigueur, je suis revenu progressivement sur la féminine qui m’avait doublé auparavant. C’est à l’approche de la ligne d’arrivée et en voyant l’effervescence autour d’elle que je me suis aperçu qu’il s’agissait de la première féminine de la course. Presque gêné, je me suis mis en retrait, partageant un peu de sa joie et de son émotion bien communicative lorsqu’elle a été accueillie par le speaker, au milieu des photographes et du cameraman rivés sur elle.

Cette arrivée en champion, l’ambiance du village marathon d’après course avec le sympathique panier garni remis à chaque participant, ainsi que la performance du jour réalisée par mon frère auront suffi à atténuer ma déception.

Avec un chrono de 3h13’23, je suis loin de mon objectif initial, me renvoyant à une poignée de secondes seulement de ma première tentative sur la distance. Mais, je ne renonce pas, bien au contraire. La difficulté du marathon en fait aussi sa beauté et son attrait. Je prendrai le temps d’analyser avec un peu de recul tout cela, avec la ferme intention de briser enfin à l’avenir c’est barre symbolique des 3 heures.

(Vidéo Running Mag – arrivée en compagnie de la 1ère féminine : à partir de la 19 »)

Le compte-rendu de Cédric

Me voilà donc de retour à Montauban, après une première participation en 2013 où j’avais flirté avec la barre psychologique des 3 heures sur marathon.

J’ai déjà eu l’occasion de m’expliquer, dans un précédent article, sur les motivations qui ont guidé ce choix : proximité géographique, positionnement dans le calendrier de début d’année qui permet de l’intégrer dans ma préparation aux 50 km de Belvès, parcours agréable et plutôt roulant, organisation bien rodée, dotation généreuse et frais d’inscription raisonnables, etc…

Ma préparation d’environ 8 semaines s’est bien déroulée, sans blessure. J’y ai intégré une compétition en mars (le trail des forts du Périgord – 42 km) et les habituelles sorties longues hebdomadaires de 28 km, courues à des allures record pour moi sur mon parcours étalon.

Même si, par superstition, je rechigne à afficher mes prétentions, j’avais pour objectif personnel d’améliorer ma meilleure marque sur la distance réalisée en octobre dernier à Toulouse avec, comme ambition haute, la volonté de passer sous la barre des 2h50′.

Cette année nous avons choisi avec mon frère un hôtel en centre ville, ce qui nous a permis de rallier la ligne de départ à pied le jour de la course. Le dossard a été récupéré la veille, donc pas de stress particulier lié aux contingences logistiques.

Au départ de la course nous avons bénéficié de conditions quasi idéales, avec un temps un peu couvert et des températures douces propices à la pratique de la course à pied. L’arrivée du soleil et l’élévation sensible des températures après une heure de course ont toutefois rendu les conditions un peu moins favorables par la suite. Ceci dit, qui peut s’en plaindre ? Le soleil et la chaleur demeurent préférables à la pluie et au froid.

En ce qui concerne le déroulement de la course, à l’instar de la météo, j’ai finalement rejoué un peu le même scénario que lors de mon dernier marathon couru à Toulouse.

Bénéficiant d’un sas préférentiel, j’ai pu avantageusement me placer à l’avant du peloton au départ. J’y ai retrouvé Philippe, un collègue de club de Cyril, qui affichait des ambitions un peu similaires aux miennes.

Dans la cohue du départ commun aux différentes courses (10 km, semi, marathon et relais), il est toujours difficile de se placer et de caler une allure juste. J’ai malgré tout réussi un bon départ, bien en ligne avec mon objectif. Je me suis réglé sur l’allure de Philippe que j’ai suivi sur les premiers kilomètres, avant de le décrocher lentement pour évoluer seul.

Rapidement, j’ai compris que les températures allaient s’élever et j’ai tout de suite pris la décision de m’hydrater. Je l’ai fait tout au long du parcours, sur tous les ravitaillements sauf le dernier situé à quelques hectomètres de l’arrivée.

A la faveur d’un chassé-croisé au 6ème km, où nous avons croisé la tête de course, j’ai pu évaluer ma position aux alentours de la 10ème place, ce que la consultation des résultats détaillés m’a confirmé après course puisque j’étais exactement 8ème à ce moment là.

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(Photo Running Mag – 6ème km de course)

Le 10ème kilomètre est passé rapidement et assez facilement en moins de 40′. J’ai surveillé méticuleusement mes temps de passage intermédiaires qui sont restés réguliers autours de 4′ au km.

KM SPLIT CUMUL ALLURE KM
1 00:03:54 00:03:54 00:03:54
2 00:04:00 00:07:54 00:03:57
3 00:04:00 00:11:54 00:03:58
4 00:03:58 00:15:52 00:03:58
5 00:03:53 00:19:45 00:03:57
6 00:04:01 00:23:46 00:03:58
7 00:03:54 00:27:40 00:03:57
8 00:03:58 00:31:38 00:03:57
9 00:03:58 00:35:36 00:03:57
10 00:04:01 00:39:37 00:03:58

Le peloton s’est nettement éclairci après l’arrivée des coureurs du 10 km et, à partir de là, j’ai essentiellement évolué avec les coureurs du semi voire du relais.

Vers le 13ème km, j’ai reconnu une féminine inscrite sur le semi, avec qui j’avais couru le marathon de Montauban l’année dernière au sein du groupe meneur d’allure des 3 heures. Elle avait fini un peu après moi dans un très bon chrono. J’ai alors pensé qu’il serait peut être intéressant de bénéficier de son allure afin et de l’accompagner jusqu’au passage du semi. Malheureusement, elle n’était pas tout à fait dans le même rythme que moi et je suis revenu à sa hauteur pour finalement la dépasser – avec un encouragement de sa part bien sympathique au passage.

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(Photo Running Mag)

Au passage du 15ème kilomètre, effacé en presque une heure tout rond, j’ai pu constater que j’étais toujours régulier dans mon allure cible haute. A ce moment de la course, tous les voyants étaient encore bien au vert.

A la mi-course, parcourue dans un chrono de 1h24’27, nous sommes repassés à proximité du village marathon et de la zone de départ et d’arrivée. La consultation des résultats détaillés d’après-course m’indiquent que j’étais 7ème à ce moment là.

KM SPLIT CUMUL ALLURE KM
11 00:04:06 00:43:43 00:03:58
12 00:04:01 00:47:44 00:03:59
13 00:03:59 00:51:43 00:03:59
14 00:04:02 00:55:45 00:03:59
15 00:04:01 00:59:46 00:03:59
16 00:03:56 01:03:42 00:03:59
17 00:03:56 01:07:38 00:03:59
18 00:04:03 01:11:41 00:03:59
19 00:04:05 01:15:46 00:03:59
20 00:04:01 01:19:47 00:03:59
21 00:04:06 01:23:53 00:04:00

Je me suis alors rendu compte que tous mes compagnons de circonstance étaient alignés sur le semi. Lorsqu’ils ont tous mis le clignotant pour en finir je me suis retrouvé totalement seul. Même si je m’attendais un peu à ce scénario c’est toujours un peu déstabilisant. A la faveur d’une portion descendante j’ai pu me relancer et poursuivre sur une bonne allure pendant quelques kilomètres.

Malheureusement, il faut reconnaître que la deuxième partie de ce marathon est un peu moins roulante que la première, avec davantage de faux-plats et de passages moins rapides sur les portions en castine. Avec la fatigue cumulée, j’ai donc commencé à constater une lente dérive de mon allure moyenne que j’ai pu maintenir aux alentours des 15 km/h jusqu’au 28ème.

Sur la fin de course, aux alentours du 34ème km, j’ai eu la surprise de constater le retour de Philippe que j’avais accompagné en tout début de course. Contre toute attente, alors que je pensais qu’il allait proprement me déposer pour finir en boulet de canon, il s’est sagement installé sur mon « porte-bagages » et j’ai dû assurer le train pendant toute la fin de course.

KM SPLIT CUMUL ALLURE KM
22 00:03:48 01:27:41 00:03:59
23 00:03:58 01:31:39 00:03:59
24 00:04:03 01:35:42 00:03:59
25 00:04:08 01:39:50 00:04:00
26 00:04:05 01:43:55 00:04:00
27 00:04:08 01:48:03 00:04:00
28 00:04:02 01:52:05 00:04:00
29 00:04:10 01:56:15 00:04:01
30 00:04:10 02:00:25 00:04:01
31 00:04:17 02:04:42 00:04:01
32 00:04:14 02:08:56 00:04:02
33 00:04:17 02:13:13 00:04:02
34 00:04:17 02:17:30 00:04:03
35 00:04:16 02:21:46 00:04:03
36 00:04:19 02:26:05 00:04:03
37 00:04:09 02:30:14 00:04:04
38 00:04:19 02:34:33 00:04:04
39 00:04:13 02:38:46 00:04:04
40 00:04:18 02:43:04 00:04:05
41 00:04:17 02:47:21 00:04:05
42 00:04:13 02:51:34 00:04:05
43 00:00:57 02:52:31 00:04:01

Rétrospectivement, je me dis que son retour m’aura permis de me booster pour conserver une allure satisfaisante sur ce final délicat. J’avoue que bien plus que le classement c’est le chrono qui m’intéressait sur cette course. Fort de ce retour, j’ai pu négocier un final mieux maîtrisé qu’à Toulouse à tel point qu’au 41ème km j’ai décroché à nouveau Philippe pour finir seul, à la 5ème place au classement scratch (1er V1) dans un chrono de 2h52’31.

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Bouquillon dit :

    Bravos les frangins, en esperant vous revoir bientôt sur une course de la région. Bon courage pour demain !

    Joss.

    1. Salut Joss !
      Merci pour tes encouragements, il en faudra pour demain avec la météo qui promet d’être perturbée.
      Ca fait un ou deux ans qu’on regarde vers les 15 km de Villeneuve. Il va bien falloir qu’on y fasse un tour un jour, donc on a des chances de se croiser là-bas ou ailleurs !

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