50 km de Belvès-Sarlat – 26/04/2014 – Compte-rendu

Retour sur ces 50 km de Belvès, après quelques jours de repos.

La course vue par Cédric :

Une course comme celle-là ne s’improvise pas, la date était inscrite à notre calendrier depuis plusieurs mois.

Côté préparation, on a reproduit la même recette que l’année dernière avec Cyril : préparation marathon en février-mars, puis marathon de Montauban couru le  06/04/2014, soit trois semaines avant ces 50 km de Belvès.

Compte tenu de la semaine de récupération et de relâchement après et avant course, une seule semaine a été exploitée pour la préparation spécifique de cette échéance.

C’est la troisième édition à laquelle nous participions avec Cyril, et peut être la dernière puisqu’un marathon est en projet pour remplacer les 50 km. Nous avions donc l’avantage de bien connaître le parcours d’autant que, pour ce qui me concerne, j’ai l’habitude d’user mes semelles sur la piste cyclable de Sarlat-Carsac qui constitue le final de la course.

Je n’avais pas vraiment d’objectif sur cette course, en terme de classement en tout cas, si ce n’est l’amélioration de mon chrono sur la distance. On avait aussi un challenge amical avec Frédéric Vidotto (dit Fréditto) avec qui on s’était chambrés gentiment par réseaux sociaux interposés.

Concernant la météo, on a croisé les doigts toute la semaine compte tenu des prévisions pessimistes. Le temps sera finalement resté clément toute la matinée, nous offrant ainsi des conditions de course quasiment idéales.

En terme de logistique, nous avons innové cette année puisque Greg, un camarade de club du PNA Sarlat, s’est gentiment proposé pour faire le suiveur à vélo. Son aide m’a été d’une grande utilité et a contribué largement à la réussite de ma course. Je tiens à l’en remercier.

Nous nous sommes donc retrouvés un peu avant 8 heures pour le départ afin de fixer les derniers détails de course. J’avais jeté un coup d’oeil sur la liste des inscrits. Sur la ligne de départ, j’ai eu la surprise de voir Christophe Buquet, inscrit de dernière minute, qui s’alignait aussi sur les 50 km. Si certains avaient encore des rêves de victoire je pense qu’ils ont dû revoir leurs ambitions à la baisse à ce moment là…

S’agissant de la stratégie de course, en raison du profil du parcours plutôt roulant au début, j’avais prévu de prendre des risques et pourquoi pas de suivre les meilleurs centbornards sur les 30 premiers kilomètres sur une allure comprise entre 4’15 » et 4’20 » au kilomètre, pour ensuite tenter de finir au mieux sur la fin de course.

Dès le début de la course, c’est un coureur des 50 km, Sébastien Kaci, qui a pris les choses en main en partant en solo à l’avant. Le tour de chauffe intra-muros à Belvès a permis d’étirer le peloton. Je suis passé au 2ème kilomètre en compagnie de 4 autres coureurs des 50 km et de Lionel Ozanne, qui faisait figure de favori sur les 100 km.

Le départLes fauves sont lâchés ! (Source : Sud-Ouest)

Km 2

Nouveau passage sur la ligne de départ après la boucle de 2 km dans Belvès (Source : Sud-Ouest)

Au cours de la descente, nous avons pu échanger quelques mots avec Lionel Ozanne mais, dès que nous avons retrouvé le plat, la décontraction a laissé place à la concentration.

A la faveur de cette portion rapide, un duo composé de Christophe Buquet et de Grégory Perthuis s’est détaché à la poursuite de l’homme de tête. Je me suis alors retrouvé dans une position un peu inconfortable, balançant entre l’envie de respecter mon plan de marche que je m’étais fixé, ou suivre à distance les deux fuyards.

Après quelques kilomètres de réflexion, j’ai finalement fait le choix de suivre ce duo de coureurs. J’ai couru ainsi esseulé pratiquement jusqu’au la fin de course, entre le trio de tête des 50 km et la tête de course des 100 kilomètres.

Km 8

Km 8-2

Après Siorac, passage devant les suiveurs à vélo

Pendant les dix premiers kilomètres, courus à une allure un peu rapide par rapport à mes prévisions, j’ai eu du mal à caler une allure régulière : passage au 10ème en 41′ et au semi en 1h28′ environ.

Cumul km Split Cumul temps Allure moyenne
1 00:04:14 00:04:14 00:04:14
2 00:04:00 00:08:14 00:04:07
3 00:03:51 00:12:05 00:04:02
4 00:03:58 00:16:03 00:04:01
5 00:04:08 00:20:11 00:04:02
6 00:04:21 00:24:32 00:04:05
7 00:04:08 00:28:40 00:04:06
8 00:04:16 00:32:56 00:04:07
9 00:04:07 00:37:03 00:04:07
10 00:04:04 00:41:07 00:04:07
11 00:04:17 00:45:24 00:04:08
12 00:04:13 00:49:37 00:04:08
13 00:04:18 00:53:55 00:04:09
14 00:04:13 00:58:08 00:04:09
15 00:04:15 01:02:23 00:04:10
16 00:04:04 01:06:27 00:04:09
17 00:04:09 01:10:36 00:04:09
18 00:04:19 01:14:55 00:04:10
19 00:04:13 01:19:08 00:04:10
20 00:04:12 01:23:20 00:04:10
21 00:04:21 01:27:41 00:04:11
22 00:04:15 01:31:56 00:04:11
23 00:04:16 01:36:12 00:04:11
24 00:04:17 01:40:29 00:04:11
25 00:04:20 01:44:49 00:04:12

Sur les longues portions plates et droites entre Saint Cyprien et Beynac, le duo Buquet-Perthuis a pris le large, lentement mais inexorablement.

Semi

Semi-3

En route vers Beynac, aux alentours du 22ème km

Profitant de l’aide ponctuelle de mon suiveur aux points de ravitaillement, je n’ai pas eu besoin de m’arrêter cette année et j’ai pu soutenir une bonne allure en ligne avec mes prévisions les plus optimistes.

A la mi-course à Beynac, franchie au bout d’1h45′ environ, l’écart avec le duo Buquet-Perthuis était d’environ 2′.

Cumul km Split Cumul temps Allure moyenne
26 00:04:09 01:48:58 00:04:11
27 00:04:13 01:53:11 00:04:12
28 00:04:23 01:57:34 00:04:12
29 00:04:14 02:01:48 00:04:12
30 00:04:16 02:06:04 00:04:12
31 00:04:23 02:10:27 00:04:12

Cet écart s’est stabilisé par la suite, comme j’ai pu le vérifier aux alentours du 34ème kilomètre en réalisant un pointage visuel à l’intersection de la route qui nous a menés jusqu’à Vitrac. C’est également à cet instant que j’ai été informé par un officiel que l’homme de tête avait été rejoint par le duo de poursuivants.

Fort de cette information, j’ai compris qu’il y avait peut être un coup à jouer et j’ai poursuivi mon effort pour finalement revenir sur Grégory Perthuis au 40ème kilomètre. Il a stoppé pour se ravitailler et m’a adressé un encouragement bien dans l’esprit des coureurs d’ultra-fond, lorsque je l’ai dépassé.

Après avoir effacé la distance marathon en 3h00′ environ, j’ai aperçu derrière moi, au loin, la voiture ouvreuse des premiers du 100 km.

Sur ces derniers kilomètres de course, il me restait alors deux challenges à relever : ne pas me faire reprendre par la tête de course des 100 km, et accentuer mon effort pour essayer de revenir sur le deuxième des 50 km que j’avais désormais en ligne de mire.

Cumul km Split Cumul temps Allure moyenne
32 00:04:37 02:15:04 00:04:13
33 00:04:11 02:19:15 00:04:13
34 00:04:21 02:23:36 00:04:13
35 00:04:07 02:27:43 00:04:13
36 00:04:29 02:32:12 00:04:14
37 00:04:37 02:36:49 00:04:14
38 00:04:22 02:41:11 00:04:15
39 00:04:28 02:45:39 00:04:15
40 00:04:04 02:49:43 00:04:15
41 00:04:44 02:54:27 00:04:15
42 00:04:24 02:58:51 00:04:16
42,47 00:02:09 03:01:00 00:04:16
43,47 00:04:34 03:05:34 00:04:16
44,47 00:04:54 03:10:28 00:04:17
45,47 00:04:01 03:14:29 00:04:17
46,47 00:04:24 03:18:53 00:04:17
47,47 00:04:42 03:23:35 00:04:17
48,47 00:04:36 03:28:11 00:04:18
49,47 00:04:45 03:32:56 00:04:18
50,32 00:03:45 03:36:41 00:04:18

Vu l’étroitesse de la piste, il n’était pas envisageable que la voiture ouvreuse – qui se rapprochait dangereusement ! – me dépasse. J’ai donc serré les dents sur ce final toujours aussi usant pour finir 3ème en 3h36′, à 59 secondes de Sébastien Kaci qui aura bien mérité sa deuxième place après avoir mené une bonne partie de la course.

DSC04251

Fréditto, bien plus habitué des trails que des courses sur route, termine derrière moi à une belle 4ème place. Quant à Cyril, il coince encore et fini 7ème avec un chrono sensiblement moins bon que l’année dernière. Benjamin, un collègue de club du PNA Sarlat qui s’alignait pour la première fois sur cette distance, termine à la 10ème place en un peu moins de 4h05′, en améliorant nettement au passage son record sur la distance marathon. Bravo à lui, peut être une vocation naissante sur longue distance ?

DSC04288

Sur la boite, à côté de Christophe Buquet !

La course vue par Cyril :

Pour la troisième année consécutive, nous avions décidé de nous rendre avec mon frère à Belvès pour prendre part à la course des « coiffeurs », entendez les 50 km. Car, il faut bien reconnaître que lorsque l’on parle de Belvès, c’est la course des 100 km qui vient immédiatement à l’esprit.

Lorsqu’en 2012, j’ai participé à mon premier 50 km, je n’avais que quelques mois de pratique en course à pied et un seul semi-marathon couru en compétition, depuis mes débuts. C’était déjà gonflé de venir s’aligner sur un 50 km.

Tout était nouveau, l’ambiance au départ, la découverte du monde de l’ultra-fond et de ses adeptes, de la course et de son parcours grandiose… Ce ne fût que du plaisir, avec une fin de course au courage quand même, et un chrono de 4 h 08′ au final.

L’année 2013 m’a permis de mesurer les progrès accomplis. Après une course bien maîtrisée, j’ai pu maintenir une allure très régulière, de bout en bout, et améliorer de 20 minutes mon temps de l’an passé. Cette performance avait fait naître en moi quelques ambitions. Ajoutées à la frustration de ne pas pouvoir voir comment ça se passait après Sarlat, sur le chemin du retour, je dois dire que l’envie de « monter » sur les 100 km m’a traversé l’esprit plus d’une fois.

Après quelques hésitations, et un début de saison un peu décevant, avec notamment des fins de course marquées par l’apparition inhabituelle de crampes, j’ai finalement décidé de m’engager une nouvelle fois sur les 50 km et de repousser mon entrée dans le monde des « Grands » ! Je n’avais de toute façon pas fait une préparation suffisante pour pouvoir prétendre m’aligner sur les 100 km.

Comme tout bon compétiteur, je n’étais donné comme objectif de faire au moins aussi bien qu’en 2013, avec toutefois quelques doutes compte-tenu de mon état de forme en retrait en ce début d’année.

L’effervescence du championnat d’Europe retombée, nous avons pu prendre cette année un départ commun avec les centbornards.

Sur les 100 km, les favoris annoncés étaient là et prêts à en découdre. J’avais mis une petite pièce sur Lionel Ozanne : Belvès c’est « sa » course. Il faudrait toutefois se méfier de Jean-Jacques Moros, un « sacré client ». Quant à Jérôme Chiotti, j’étais personnellement plus sceptique quant à ses chances de victoire, en tant que néophyte. Dans les billets que j’avais pu lire avant course, les observateurs avaient toutefois paru ignorer la présence de l’Alsacien Franck Mantel, dont j’avais relevé le nom parmi les inscrits…

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque 3 km après le départ, lancé dans la descente, j’ai vu ce dernier débouler comme s’il faisait son footing du dimanche. La tête de course avait déjà pris près de 500 m d’avance, mais ça ne semblait pas le perturber plus que ça. Il courait tout en décontraction. Après avoir hésité quelques secondes, je l’ai interpellé. Très affable, malgré l’enjeu, ce dernier m’a fait part de ses sensations et de son objectif de course : 7 h 35′ à l’arrivée. Il faisait donc bien parti des prétendants à la victoire. Après l’avoir accompagné quelques minutes, je l’ai laissé progressivement me distancer à la différence d’allure.

Au 8ème kilomètre, j’ai retrouvé Greg, le collègue de club de Cédric. En guise de sortie vélo, il avait décidé de joindre l’utile à l’agréable en suivant le parcours. J’en ai profité pour lui confier la mission de prendre quelques photos. Il avait également accepté de déposer aux différents points de ravitaillement ma gourde dans laquelle j’avais mis un peu de poudre énergétique censée prévenir les perturbations musculaires. Je tairai le nom de ce produit, car il s’avérera au final bien peu efficace…

DSC04235

Passage au 10 km

A mon premier arrêt ravitaillement, vers le 15ème km, j’ai constaté que derrière moi le trou était déjà fait. Greg me donnait les écarts en course et les positions. J’étais alors pointé 8ème. Mon frère parti plus rapidement était 4ème, à la lutte avec Fréditto.

Je savais que j’avais atteint la mi-course, l’année auparavant, en 1 h 52′. Passé avec une minute de plus cette année, j’ai rapidement compris que ce serait difficile pour faire aussi bien. J’ai alors sans doute lâché un peu mentalement en décidant de réduire l’allure et revoir mon objectif sous les 4 heures. Malgré ce ralentissement, je vais revenir sur un concurrent du 50 km semblant être à la peine.

En l’absence de poursuivant, et débarrassé de toute pression, je vais profiter de chaque instant pour observer ce qui se passe autour de moi : ici, des ramasseurs d’asperges, là, un défilé de voitures de collection, ou encore lors du passage dans La Roque-Gageac où je n’étais pas revenu depuis l’achèvement des travaux d’élargissement de la route.

A l’approche du 35ème km, avec l’arrivée des premières bosses, j’ai commencé à sentir des crampes au mollet droit, ce qui m’a contraint à réduire encore mon allure. Comme sur le marathon des Forts, le phénomène s’est alors progressivement propagé au 2ème mollet, entraînant des tiraillements à chaque tentative pour ré-accélérer. Philosophe, je me suis appliqué à me concentrer sur ma foulée pour tenter de réduire autant que possible ces crampes, en profitant du paysage ainsi que des encouragements du public et des bénévoles.

J’ai pris conscience des « dégâts » en passant au marathon en 3 h 20′, avec plus de 10′ perdues par rapport à 2013. Entre temps, j’ai vu revenir sur moi 2 coureurs inscrits sur les 100 km. J’ai pu discuter quelques instants avec l’un des deux. Il semblait évoluer avec beaucoup de facilité et être aguerri pour ce type d’effort. J’en aurai la confirmation un peu plus tard dans la journée, en le voyant en finir à Belvès dans le top 10.

Après avoir repris un centbornard courant en mode Cyrano, de façon manifestement plus subie que voulue, j’ai finalement franchi la ligne d’arrivée après 4 heures de course, en 7ème position, accueilli par Fréditto auteur, quant à lui, d’une superbe course.

DSC04263

Ça sent la fin !

Une place de perdue donc par rapport à 2013, comme l’a observé le commentateur bien renseigné en m’accueillant.

Malgré ce résultat en demi-teinte, j’ai pris encore beaucoup de plaisir à venir à Belvès. Je reviendrai en 2015 pour défendre mes chances. Et une chose est sûre, ce ne sera pas sur le 50 km cette fois, puisqu’un marathon devrait le remplacer l’année prochaine. A moins que l’envie soit plus forte et que je me décide enfin à tenter la grande aventure sur les 100 km…

 DSC04264

50 ou 100 km, entre les 2 mon cœur balance…

 

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4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. DaJo dit :

    Bravo les frangins !
    Seulement 3 semaines après le marathon de Montauban… chapeau !

    1. Merci !
      Enfin, concernant les enchaînements de courses effrénés, moi j’en connais qui sont capables d’enchaîner deux semi en moins de 24 h !…

      1. DaJo dit :

        T’as remarqué que ce n’étaient que des semis ? 😉

  2. La performance n’en est pas moins remarquable. Un marathon (sec) en vue après la grosse échéance 2014 (le challenge Roth, un truc de fou !) ?

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