Brooks Racer ST5 : test croisé

Quand on se fixe un objectif chronométrique sur marathon, on ne peut rien laisser au hasard. Sur une telle distance, le choix des chaussures est primordial. Après différents essais, notre choix s’est porté sur les BROOKS RACER ST5 que nous utilisons désormais, depuis près d’un an, aussi bien en compétition que lors de nos entraînements.

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Modèle 2014

Sachant que deux avis valent mieux qu’un, nous vous proposons de vous faire part de nos impressions concernant ce produit.

L’avis de Cyril : l’essayer, c’est l’adopter

Il y a toujours un risque lorsqu’on achète un modèle de chaussures qu’on ne connaît pas. Difficile en effet de se faire une idée précise rien qu’en lisant les avis sur la toile. Et, même si j’avais pu découvrir le modèle et l’examiner à l’occasion de mon passage sur le stand BROOKS installé sur le village marathon de Toulouse, les chaussures c’est aux pieds que ça se teste vraiment, en conditions réelles.

Malgré les avis unanimes lus sur de nombreux sites commerciaux, présentant les BROOKS ST5 comme les chaussures idéales pour courir un marathon, j’étais un peu sceptique. En matière de RACER, je possédais à l’époque une paire d’ASICS RACER DS 8 qui s’étaient révélées être de véritables planchettes japonaises. Parfaites pour les entraînements sur piste ou sur courte distance, je n’ai jamais pu dépasser le semi-marathon avec, en l’absence d’amorti suffisant à mon goût.

Si on examine la gamme de chaussures de running proposée par BROOKS, il semble toutefois que c’est davantage vers la T7 qu’il faille se tourner pour trouver un équivalent au modèle RACER de chez ASICS.

Lors du déballage, j’ai découvert un produit conforme à mes attentes. Esthétiquement, à chacun de juger mais, personnellement, je trouve le modèle plutôt réussi. Côté design, avec son mesh à grosses mailles, on est aux antipodes de ce qui est proposé actuellement par des marques avant-gardistes telles que NIKE, notamment, avec sa gamme FLYKNIT. A côté, les BROOKS RACER ST5 feraient même presque « vintage » !

A l’instar des LAUNCH ou d’autres modèles emblématiques de la marque, il faut dire que BROOKS sait faire durer la vie de ses produits. Les RACER ST5 entament en effet leur 4ème année d’existence, autant dire une éternité pour une chaussure de running. La raison de cette longévité est peut être tout simplement due au fait que les produits de chez BROOKS sont bien nés et bien pensés, et qu’ils savent générer une adhésion forte de la part du public.

Commercialisé depuis le printemps 2011, le modèle n’a subi aucune modification, ni évolution technique. Actuellement proposé dans sa 4ème version, vous ne serez pas embarrassé par le choix : d’abord, parce que c’est un modèle mixte, et ensuite parce qu’il n’est disponible qu’en un seul coloris, que la marque américaine renouvelle tous les ans.

Lors du premier essayage, les chaussures se sont révélées parfaitement ajustées et correspondant en taille à ma pointure habituelle. Le poids s’est avéré, après vérification sur la balance, également conforme aux données du fabricant (244 gr en 42). On est donc sur un modèle léger.

Bien maintenu au talon, on dispose d’espace à l’avant pour les orteils, et ce d’autant plus que le mesh se montre assez souple. Les ST5 pourront donc convenir pour les personnes disposant d’un pied large. On est à l’aise dans le chausson avec lequel je n’ai jamais ressenti le moindre échauffement, ni la moindre gêne.

J’ai rapidement adopté ces chaussures dont le système de laçage m’a toutefois laissé un peu perplexe au début. Équipées de lacets plats, que je n’avais jamais vu jusqu’à présent sur aucun autre modèle de chaussure, ceux-ci m’avaient donné une fausse impression de fragilité. Plutôt courts, ils auraient néanmoins tendance à se défaire en courant. J’ai donc  pris le parti de faire systématiquement un double nœud, en prenant soin de serrer bien fort à chaque fois, ce qui semble fonctionner.

La large semelle dont sont dotées les ST5 donne un sentiment de stabilité qui s’est confirmé à l’usage, aussi bien dans la phase de propulsion que de réception. Le pied reste bien en ligne, ce qui participe au dynamisme de la chaussure. Cette sensation de dynamisme est renforcée par le drop comparativement bien plus important que sur les SAUCONY KINVARA, par exemple, que j’avais jusqu’alors l’habitude d’utiliser. On est ainsi porté à courir plus vers l’avant du pied.

Par la suite, j’ai retrouvé un peu la même sensation lors d’un essai en magasin de la KIPRUN COMP de KALENJI, utilisée par Benjamin MALATY sur marathon. Le modèle conçu par DECATHLON m’est toutefois apparu beaucoup plus léger et épuré que celui de chez BROOKS.

De fait, on dispose sur les ST5 de beaucoup d’amorti au talon. Bien que plus réduit sur l’avant, celui-ci s’avère cependant suffisant et parfaitement équilibré, sans être trop sec ni trop mou. On pourra toutefois leur préférer un modèle un peu plus amorti pour effectuer ses séances de récupération/régénération, ses sorties à allure lente et autres footings.

La semelle est souple et je n’ai eu aucun mal à m’adapter immédiatement à ce nouveau modèle. A tel point que je n’ai pas hésité à utiliser ces nouvelles chassures sur marathon, immédiatement après leur premier rodage effectué à l’occasion d’une séance d’une vingtaine de kilomètres seulement. Le pari était risqué, car j’avais réalisé la totalité de ma préparation avec un autre modèle, mais il s’est avéré payant. En effet, j’ai pu ainsi améliorer ma meilleure marque de plus de 7 minutes sur la distance, venant échouer à une poignée de secondes seulement sous les 3 heures.

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Marathon de Toulouse 2014

Après avoir parcouru plus de 650 km avec ces chaussures, le mesh est toujours intact. La seule marque d’usure apparente se situe au niveau de l’avant de la semelle. Si la chaussure épouse bien désormais la forme de mon pied, celle-ci ne s’est pas déformée. L’amorti à l’avant se montre toutefois moins présent, mais demeure encore suffisant pour mes sorties d’entraînement (fractionné, seuil et allure spécifique) pour pouvoir espérer encore les porter au moins 300 km.

Depuis près de 3 ans que je pratique la course à pied, rarement une chaussure aura suscité chez moi une volonté aussi forte de ré-achat.

L’avis de Cédric : une chaussure plutôt racée

On a beau être jumeaux, on est loin d’avoir les mêmes orientations quand il s’agit de choisir une paire de chaussures de running. Pour ma part, j’ai dès mes débuts en course à pied privilégié des modèles légers, dynamiques voire à tendance minimaliste. Les BROOKS RACER ST5 semblaient répondre à ces deux premiers critères.

J’avais également remarqué que ce modèle bénéficiait d’une bonne réputation auprès des triathlètes. Quand on connaît le soin et la rigueur que ces derniers prennent dans le choix de leur matériel, dans un but de recherche de performance, c’était plutôt un bon point.

TOM LOW

Tom Low – Kona 2011

En tant que possesseur de GREEN SILENCE, j’avais déjà eu l’occasion d’apprécier la qualité des produits de la marque BROOKS. Plus légères et disposant d’un drop plus réduit, je trouvais celles-ci insuffisamment amorties pour les longues distances. Par ailleurs, j’ai constaté à regret que la marque avait décidé d’en cesser la commercialisation.

Lorsque Cyril m’a proposé d’essayer les RACER ST5 qu’il venait d’acheter, j’ai rapidement été convaincu, comparées aux ASICS DS SKY SPEED que j’utilisais également à l’époque, qui étaient un peu plus lourdes, moins confortables, avec un amorti plus sec et un chausson plus étroit que les BROOKS.

Je trouve que les matériaux et la finition de la ST5 sont de bonne facture. Avec, pour ma part, un peu plus de 500 km au compteur, elles ne montrent que peu de signes d’usure, hormis comme pour Cyril sur la partie avant de la semelle qui n’est pas, il faut bien le reconnaître, un monstre d’adhérence.

Je ne vais pas vous faire le coup des chaussures qui courent vite, mais il faut dire que la conception de ce modèle incite naturellement à élever l’allure. C’est une chaussure racée. C’est dans ses gênes. De là à dire qu’il ne faut pas la mettre entre toutes les mains – ou plutôt tous les pieds – il ne faut peut être pas exagérer. Mais un certain temps d’adaptation pourra peut être s’avérer nécessaire, notamment pour les mollets, pour ceux habitués à courir avec un modèle plus lourd et mieux amorti.

Bien que typée RACER, la ST5 est confortable, ce qui n’est pas toujours le cas dans cette gamme de produit. Je trouve, pour ma part qu’elle taille un peu petit.

ST5-3Rapide coup d’oeil sur la semelle extérieure :

nous sommes bien en présence d’une vraie RACER

Ce qui m’a le plus séduit c’est l’excellent compromis poids/dynamisme/amorti que BROOKS a réussi à combiner dans ce produit. La ST5 représente à mes yeux un excellent choix pour les courses moyennes/longues distances et les entraînements rapides. J’ai pu le vérifier en réalisant grâce à elle mes meilleures performances sur semi-marathon, marathon et même 50 km.

Au final, la ST5 est donc un modèle relativement polyvalent, qui sait aller vite sans négliger le confort et l’amorti, notamment sur les longues distances. Afin d’en tirer le meilleur parti, il conviendra toutefois d’en limiter leur utilisation sur route, leur terrain de prédilection.

Tout comme des athlètes de renom tels que Jérôme BELLANCA, je considère qu’elle représente, à ce jour, l’un des meilleurs choix de chaussure sur marathon.

ST5 

Conclusion

« Chaussure pour coureur universel ou pronateur de poids moyen (80 kg) recherchant souplesse, légèreté, stabilité et dynamisme. Pour l’entrainement rapide et la compétition sur route ».

Au terme de ce test croisé, nous ne pouvons que valider en tous points cette présentation qui est faite des BROOKS ST5 sur le site de la marque.

On pourrait compléter en soulignant également la grande polyvalence de ce modèle de route, capable de vous mener du 5 km au marathon.

Bref, vous l’aurez compris, c’est un produit qui nous a convaincus par son efficacité et qui nous paraît amplement mériter son classement dans le top 5 des chaussures pour marathon, établi par Fred BROSSARD du site Runners.fr.

Fiche technique

Post scriptum 

Les chaussures utilisées pour le test auront fait preuve d’une belle longévité. Après 1 800 km au compteur, elles présentaient un mesh encore en parfait état, en dépit de signes d’usure apparents au niveau de la semelle. Au moment de leur réforme, leurs remplaçantes, utilisées en alternance depuis quelques mois par Cyril affichaient déjà près de 1 200 km, et une nouvelle paire neuve attendait dans leur boîte.

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