Le marathon de Berganty – 21/06/2014 – Aurillac – Compte-rendu – résultats

Cédric était présent pour la 3ème édition de cette épreuve. Il vous livre le récit de sa course.

Après la Caussadaise courue le 24 mai dernier, je me suis décidé un peu par hasard et au dernier moment à m’inscrire au marathon de Berganty.

Le marathon de Berganty est organisé au cours du même week end que l’Ultra Trail du Puy Mary Aurillac (UTPMA) – 105 km et 5600 m D+, le trail du Puy Courny – 24 km et 750 m D+ – et l’Aurillacoise – 7 km et 200 m D+ -.

afficheUTPMA

C’est Fréditto, inscrit sur l’utra, qui m’a parlé de cette épreuve. En visionnant les vidéos sur le site de la course l’environnement m’a plu.

J’ai, par ailleurs, pensé que c’était une bonne opportunité pour m’initier au trail sur des reliefs de basse/moyenne montagne un peu plus accentués que ceux que l’on rencontre localement. D’autant que, dans la foulée, j’ai également pris une inscription pour le trail de l’Aquaterra, sur le parcours des Manants de Port-Dieu, course de 40 km et 2000 m de D+, qui se déroulera à Bort-Les-Orgues le 12 juillet prochain.

Pour la troisième édition de l’UTPMA, l’ensemble des courses a attiré plus de 2000 coureurs.

Il faut dire que le site de l’organisation est bien vendeur. S’agissant du marathon de Berganty, il promet une découverte du marathon nature, avec au programme : « une longue ascension jusqu’au col de Berganty, lieu charnière entre deux vallées cantaliennes voisines et différentes : la Jordanne et la Cère. On visitera avant d’arriver au point culminant les villages de St Jean de dône, St Simon et Velzic. Berganty carrefour historique et symbolique : vous réservera une belle surprise, au terme des 21 premiers kilomètres… Un trail sauvage, puissant, qui contournera ensuite l’arbre de Quenouille, autre lieu mythique du plateau du Coyan. Ce plateau suspendu entre Cère et Jordanne, lieu d’estives et de contemplation. Le retour vers Aurillac, avec ses vues plongeantes sur la chataigneraie au loin, le pays de St Cernin, de Mauriac à l’Ouest vous surprendront ».

Carte

Le marathon de Berganty a grandi au fil des éditions passant de 42 à 45 puis 47 km (48,4 km selon mon relevé Garmin).

Profil

Altitude

Le matériel obligatoire exigé par le règlement était le suivant :

– réserve d’eau minimum 1 litre. C’est un trail en semi autonomie avec seulement 2 ravitaillements ;

– écotasse. Equipé de deux bidons, je me suis dispensé de cet accessoire ;

– couverture de survie ;

– couvre-chef, indispensable pour résister aux rayonnement du soleil bien présent sur la course ;

– sifflet, intégré à mon sac d’hydratation ;

– réserve alimentaire, je n’ai pris qu’une barre énergétique qui a suffi à mes besoins en course ;

– veste imperméable type gore-tex ou induction permettant de supporter le mauvais temps en montagne (pas de kway), elle sera restée bien calée au fond du sac ;

– le téléphone portable était facultatif, j’ai décidé de m’en passer.

Nous sommes partis à 10h30, selon l’horaire prévu par l’organisation. Dès les premiers hectomètres le ton a été donné avec une première ascension assez sèche pour sortir du centre-ville d’Aurillac.

UTPMA1

(Le départ – Source : http://www.utpma.fr/photos-video-photos-utpma-2014-pxl-36_37.html)

Je me suis glissé dans le premier tiers du paquet de coureurs. Après quelques kilomètres, comme sur toute course, les choses se sont peu à peu décantées. Déjà, quelques coureurs trop ambitieux ont commencé à coincer sur les premiers enchaînements d’ascensions me permettant, au fil d’une progression régulière de grappiller place après place.

UTPMA

(Premiers hectomètres – Source : http://www.utpma.fr/photos-video-photos-utpma-2014-pxl-36_37.html)

Rapidement, je me suis retrouvé au sein d’un groupe intercalé de quelques unités qui progressait à une allure satisfaisante. Les hommes de tête, que j’ai pu apercevoir pendant quelques kilomètres, ont quant à eux rapidement pris le large après un round d’observation.

Dès le départ, j’ai commencé à m’hydrater à cause de la chaleur. J’avais constitué à cet effet deux bidons de 0,5 l avant le départ avec, d’un côté, de l’eau plate, et de l’autre, de la boisson isotonique.

J’ai fait le choix de boire fréquemment et à petites doses grâce à un bidon tenu à la main une bonne partie de la course afin d’éviter les aller-retour trop fréquents dans les poches avant de mon sac.

Au fil des kilomètres qui ont suivis, la rudesse du dénivelé a continué à faire des dégâts parmi mon petit groupe du moment et je me suis retrouvé seul, en 9ème position selon le classement virtuel.

Un peu avant le premier ravitaillement à Velzic, au 17ème km, à la faveur d’une longue côte, j’ai fini par rejoindre un homme esseulé que j’ai dépassé au sommet.

Paysage 2

(Photo d’illustration des beaux paysages du Cantal)

J’ai basculé en tête, après avoir remis ce coureur sur le bon chemin, visiblement déjà étourdi par la chaleur qui se faisait de plus en plus présente.

Dans la descente qui a suivi, que j’ai amorcée à bonne allure selon mes sensations du moment, j’ai dû m’écarter pour céder la place à mon suiveur éphémère qui a repris la tête de la progression dans une longue portion descente constituée de passages très techniques faits d’enrochements.

Il faut croire que j’avais affaire à un descendeur hors pair car en moins de 2 km je lui ai cédé plusieurs hectomètres de terrain au point de ne plus l’avoir en ligne de mire.

J’avais noté que le premier point de ravitaillement se trouvait au kilomètre 17 et, malgré une gestion économe de ma boisson, mes deux bidons étaient déjà presque vides.

J’ai donc fait un arrêt bref mais salutaire à Velzic afin de recharger mes bidons avant d’entamer l’ascension de la grosse difficulté du parcours : le col de Berganty.

Paysage 3

(Photo d’illustration des beaux paysages du Cantal)

Peu après le ravitaillement, j’ai rattrapé à nouveau mon compagnon du moment qui a semblé bien moins à son aise en montée qu’en descente et, sur une portion où la marche s’imposait compte tenu du très fort dénivelé, je l’ai décroché définitivement pour m’emparer de la 8ème place du classement virtuel.

A partir de ce moment là, j’ai évolué totalement seul jusqu’à la fin de la course et c’est un peu sans repère que j’ai effectué cette longue ascension. La courbe de dénivelé m’avait un peu effrayé avant course et je redoutais de devoir effectuer une grande partie de l’ascension du col en marchant.

Marathon de Berganty

En réalité, la montée du col est constituée de replats et de quelques parties montantes dont le dénivelé reste raisonnable. C’est donc finalement un enchaînement de course et de marche qui m’a permis d’accéder aux environs du 25ème kilomètre à un point de ravitaillement supplémentaire mis en place par l’organisation.

Là encore, un ravitaillement bien apprécié car au cours des 8 km d’ascension j’avais bu mon litre de boisson, j’étais à sec et j’aurais bien été incapable de rallier le deuxième ravitaillement prévu aux alentours du 36ème km.

Après ce deuxième arrêt technique, l’ascension s’est poursuivie pendant 2 ou 3 kilomètres au terme desquels j’ai fini par atteindre le plateau du Coyan avec une vue magnifique sur les alentours.

Alors que j’avais imaginé que la redescente du col serait rapide et me permettrait de me refaire un peu, j’ai rapidement constaté qu’il n’en serait rien sur ces vastes prés à vaches constellés de trous énormes où il fallait être vigilant à chaque instant. Les nombreuses clôtures de barbelés – voire électrifiées – à franchir, soit par le biais d’échelles soit par l’intermédiaire de passages étroits imposant l’arrêt, n’ont rien arrangé.

UTPMA2

(Illustration des échelles pour le passage des clôtures – Source : http://utpma.fr/photos-et-videos-2014-1/photos-marathon-de-berganty-2014)

J’ai, par ailleurs, beaucoup peiné sur les nombreuses portions en dévers où j’ai eu du mal à trouver de bons appuis. Finalement, même si le profil paraissait descendant, c’est un parcours usant que j’ai rencontré.

Malgré une hydratation régulière, j’ai eu de plus en plus de mal à étancher ma soif en raison de la chaleur toujours plus présente. Anticipant le dernier ravitaillement, à Saint Simon, que j’espérais atteindre au 37 km, j’en ai profité pour consommer l’unique ravitaillement solide dont je disposais, à savoir une barre énergétique. Ce n’est finalement qu’après le 38ème km que j’ai trouvé de quoi étancher ma soif.

Avec l’apparition des premiers signes de crampes, j’ai estimé qu’il serait judicieux de boire de l’eau gazeuse salée qui était alors proposée sur cet arrêt. Ce qui a été moins lumineux c’est de remplir un de mes bidons avec de l’eau gazeuse, les bulles n’apprécient pas vraiment d’être secouées !

Après ce dernier arrêt qui m’a relancé brièvement, j’ai véritablement commencé à piocher dans mes dernières réserves. J’avoue qu’à ce moment de la course, je n’aurais pas été étonné – et j’en venais même à l’espérer – du retour d’un coureur tant mon allure avait chuté.

J’ai cru qu’après le passage du 42ème km, la faible distance qu’il restait à couvrir ne serait qu’une formalité et que le profil serait forcément descendant et essentiellement constitué de chemin et de route en approchant de l’agglomération d’Aurillac.

Je dois bien reconnaître que j’ai été plutôt surpris par le parcours final car, après avoir effectivement rejoins une portion sur bitume assez roulante, nous avons eu droit à une grosse ascension sur un point haut autour d’Aurillac où il a fallu composer, sur des chemins monotraces, avec les nombreux participants inscrits sur les randonnées organisées parallèlement aux différents trails.

Par ailleurs, la banalité de ces derniers kilomètres, qui cheminent pour partie, dans des secteurs résidentiels d’Aurillac totalement déserts et sans intérêt, contraste défavorablement avec la majeur partie du parcours nettement plus plaisante.

C’est donc sur ce final que je termine 8ème au classement scratch et 3ème V1 sur 264 classés dans un temps de 5h04′ selon mon chronométrage personnel, 5h06′ selon les résultats officiels.

Devant, ça a été vite, et même très vite, puisque la course a été remportée par Pierre-Laurent Viguier avec un chrono canon de 3h50′. Il n’aura laissé aucune chance à ses poursuivants parmi lesquels figuraient des spécialistes de la discipline tels que Fabien Chartoire, Benjamin Beaume ou Laurent Barbet.

Podium

(Podium marathon de Berganty 2014 – Source : https://www.facebook.com/utpma)

Sa performance est d’autant plus méritoire compte tenu des conditions météorologiques du jour. Sur les 497 inscrits au départ sur le marathon, la chaleur a en effet été à l’origine de nombreuses défaillances, et plus encore sur l’ultra où près de 65 % d’abandons ont été enregistrés.

Cette course est sans doute la plus difficile, compte tenu de sa longueur, son dénivelé et les conditions atmosphériques rencontrées, à laquelle j’ai eu l’occasion de participer. Néanmoins, j’ai beaucoup apprécié la beauté du parcours, l’organisation bien rodée de la course avec de bons ravitaillements et un balisage clair qui m’ont permis d’effectuer une course dans les meilleures conditions.

Les enseignements que je tire de cette course sont multiples :

  • le trail de montagne ne s’improvise pas. Il doit faire l’objet d’une préparation spécifique par un travail en côtes, que ce soit en montée ou en descente. Pour ma part, si j’ai du travail pour améliorer mes aptitudes en montée je me rends compte que c’est en descente, où je suis sans doute le plus faible, que je dispose d’une certaine marge de progression et que je dois accentuer mes efforts ;

  • la gestion de l’alimentation et de l’hydratation est primordiale sur ces efforts longs et intenses. Peu habitué à courir avec un sac d’hydration et à m’alimenter en semi-autonomie, je vais devoir également travailler ce point à l’entraînement.

Bien qu’ayant participé 6 jours auparavant au Maraisthon, Cyril faisait aussi partie de l’aventure. Il n’a pas pu résister à l’envie de s’aligner sur cette course. Venu comme moi pour découvrir les Monts du Cantal et en prendre plein les yeux, il n’a pas été déçu. Malgré la fatigue résiduelle liée à sa participation au marathon de Coulon, le week-end précédent, il est allé jusqu’au bout des 48 km en terminant en 5h56′ à la 23ème place.

Quant à Freditto, dont nous avons suivi à distance les exploits, parti depuis 4h00 du matin, il a réalisé une belle performance en se classant 11ème au classement : le récit de ses exploits.

Freditto

Au final, on en retiendra une belle course – qui doit beaucoup à la beauté des paysages mais également à la qualité de son organisation – et de bons souvenirs de ce week end dans le Cantal. Avec une mention spéciale au camping dans lequel nous avons été hébergés, pour la gentillesse de sa responsable et le confort de ses installations.

Résultats :

Marathon de Berganty

 

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