L’AQUATERRA : à la conquête des éléments – 12/07/2014 – Bort-les-Orgues

Trois semaines seulement après notre participation au marathon de Berganty du côté d’Aurillac, nous avons décidé de revenir dans le Massif Central pour participer au trail de l’AQUATERRA.

C’est en lisant le récit de course d’un blog-runner que nous avons découvert cette épreuve et eu envie d’y participer.

Pour des périgourdins, l’AQUATERRA c’est un peu un retour aux sources car c’est autour du magnifique site de Bort-les-Orgues et de son barrage de retenue de la Dordogne, qui prend naissance un peu plus en amont, que s’est déroulée cette course, ou plutôt ces courses, car ce sont pas moins de 4 trails, 4 courses natures et 5 parcours de randonnées qui étaient proposés pour cette 4ème édition 2014 (sans compter les 2 randonnées VTT).

De 5 à 105 km, il y en avait pour tous les goûts. Notre choix s’est porté sur les Manants de Port Dieu : 40 km pour un D+ annoncé de 2 000 m, une distance qui nous convient bien.

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(Barrage de Bort-les-Orgues – Photo Organisation)

Les ouvrages d’art semblent inspirer de plus en plus les organisateurs de course à pied. Et, quitte à en choisir un, autant qu’il soit le plus spectaculaire possible. Tout comme le viaduc de Millau, sur lequel est organisée la course EIFFAGE, le barrage de Bort-les-Orgues domine sa catégorie. Avec un réservoir long de 21 km, il constitue en effet la plus grande retenue d’eau française pour un barrage en béton.

Il faut bien reconnaître qu’un départ donné depuis la crête du barrage, ça a de « la gueule ». Pour ensuite partir à la découverte des sentiers cheminant autour de cette étendue d’eau, le challenge était intéressant à relever, d’autant que ceux-ci ont été ouverts pour la plupart lors de la création de la course, et qu’ils ne sont pas praticables le restant de l’année.

Nous avons un peu peiné pour trouver un hébergement à cette période de l’année, mais nous avons finalement déniché un gîte libre, situé à une quinzaine de km de Bort-les-Orgues, qui s’est révélé très confortable.

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(Notre hébergement – Lieu dit vermont, 15350 Champagnac)

Arrivés sur place la veille, nous en avons profité pour aller retirer nos dossards, régler les quelques détails logistique d’avant-course (consigne, navette etc…), et s’imprégner de l’ambiance au milieu des autres concurrents.

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Sur le 40 km, nous étions environ 130 inscrits – un nombre finalement assez modeste mais qui s’explique certainement par la multiplicité des courses proposées – parmi lesquels un invité de marque : Yoan MEUDEC, traileur de haut niveau et vainqueur de l’édition 2013.

L’AQUATERRA est une épreuve qui sait attirer des coureurs chevronnés car sur les autres distances, on trouvait également inscrits des athlètes tels que Benjamin BEAUME (65 km), Ludovic DILMI ou Sylvie PEUCH (105 km).

Cédric vous livre ses impressions sur sa course :

Nous avons bénéficié de conditions météo presque parfaites avec une température clémente pour la saison. La brume présente  en début de matinée s’est rapidement levée comme le montre la vidéo des différents départs :

Contrairement au marathon de Berganty, il n’y avait pas de col à franchir sur le parcours qui nous était proposé. Toutefois, avec une succession régulière de bosses, le dénivelé positif était sensiblement le même qu’à Aurillac sur une distance légèrement inférieure.

Profil

Malgré un départ relativement prudent aux alentours de la 12ème place, j’ai eu un peu de mal à trouver de bonnes sensations. J’ai malgré tout réussi à me hisser à la 4ème position du classement virtuel après quelques kilomètres de course.

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Le favori, Yoan MEUDEC, s’est rapidement détaché avec un autre concurrent qui a pris les commandes de la course dès le départ. Je n’ai pas été en mesure d’accrocher le troisième homme intercalé, et je l’ai laissé filer.

Aux alentours du 12ème km, j’ai rejoint le coureur qui s’était porté à l’avant de la course dès le départ. Il m’a avoué avoir chuté et semblait ressentir une gêne qui l’a obligé à ralentir. Après quelques minutes de course commune, j’ai finalement laissé ce coureur très bavard et sympathique sur le ravitaillement du 14ème km où je ne me suis pas arrêté.

Ce fait de course, qui m’a permis de remonter en 3ème position, m’a un peu relancé jusqu’aux environs du 20ème km où mon pied gauche a buté sur une pierre. J’ai alors chuté lourdement. Après m’être relevé instantanément, j’ai effectué un rapide examen des dégâts : au niveau matériel pas trop de dommages, hormis les traces de terre sur les parties de contact avec le sol lors de la chute, en revanche de la douleur et une certaine gêne se sont manifestées au pied et à la hanche gauche.

2Un peu déconcentré, j’ai essayé de faire abstraction de tout ça et je me suis arrêté brièvement, pour la première fois depuis le départ, au ravitaillement du 21ème km. J’ai continué ma progression sur un rythme relativement constant mais, comme l’organisatrice nous l’avait indiqué un peu avant le départ, le parcours est devenu plus technique et plus usant.

J’ai filé au passage du ravitaillement du 27ème km. C’est sans doute à ce moment là que j’ai rattrapé le concurrent qui occupait alors la 2ème place. Sa différence d’allure ne laissait pas de doute parmi les concurrents du 65 km, partis une heure avant nous, et que nous côtoyions déjà depuis le 10ème km environ.

Je suppose qu’il est arrivé à la même conclusion que moi lorsque j’ai accroché sa foulée. Après en avoir reçu confirmation de ma part, il a pressé l’allure et je n’ai pas eu la fraîcheur suffisante pour le suivre. L’addition sera lourde pour moi sur cette partie finale délicate et technique puisque je lui ai concédé près de 7′ en 11 km.

J’ai malgré tout réussi à préserver ma 3ème place, avec un chrono 4h08’24 », sur ce parcours de 40,3 km et 1650 D+ selon mon relevé Garmin.

Yoan MEUDEC conserve sa couronne en s’imposant en un peu plus de 3h45′. J’ai eu le privilège de l’accompagner après course pour un contrôle anti-dopage, une première pour moi, avant de le rejoindre sur le podium.

Preuve en est, si besoin était, que nul n’est à l’abri un jour d’un contrôle inopiné. Même sur une course régionale, sans enjeu ni titre à la clé, et sans dotation financière, chacun de nous peut être contrôlé. Selon le médecin chargé du prélèvement, du vainqueur jusqu’au dernier, chaque concurrent sur une course est concerné, y compris celui qui aurait abandonné. Cette péripétie m’aura fait manquer le retour en navette sur le lac, mais c’était pour la bonne cause. Je suis satisfait de voir que, même à ce niveau, la volonté de lutter contre le dopage est réelle.

Résultats trail AQUATERRA 40 km – 2014

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(Podium Aquaterra 2014 – 40 km)

Je retiens de cette aventure un parcours plaisant mais relativement exigeant, autour du lac de Bort-les-Orgues, et des organisateurs soucieux de la satisfaction des coureurs. En conclusion, une course que l’on ne peut que recommander.

Compte-rendu de course de Cyril :

Lorsque je suis descendu de la navette qui nous avait menés depuis le centre-ville jusqu’au barrage, pour rejoindre l’arche de départ, j’ai immédiatement reconnu la voix familière d’Alain LETARD, animateur infatigable de nombreuses courses à pied organisées dans le grand Sud Ouest. Commentateur érudit et passionné, c’est toujours un plaisir de le retrouver et de l’écouter. Alors qu’il était en discussion avec un coureur, j’en ai profité pour aller le saluer. Par le plus grand des hasards, son interlocuteur se trouvait être un bergeracois du club du Spiridon Périgord Pourpre avec lequel j’ai poursuivi la conversation.

Très concentré, le frangin était déjà parti se placer à l’avant du peloton. A l’attitude et au positionnement dans le sas, on pouvait d’ores et déjà deviner les ambitions de chacun. Avec Yoan MEUDEC en lice, la désignation du vainqueur ne faisait guère de doute. Compte-tenu du nombre relativement modeste de participants, je m’étais dit qu’une place dans le top 10 était cependant jouable.

Dès le départ, le ton a été donné. Après le barrage, nous avons pris sur la gauche un sentier monotrace bosselé qui nous a mis immédiatement dans le rythme. J’estimais à ce moment là à une quinzaine le nombre de coureurs qui me précédaient. Je me suis alors retrouvé dans un groupe composé de 4 coureurs qui évoluait à une allure qui me convenait, à ce moment de la course. Nous sommes passés ensemble devant le château de Val, situé vers le 5ème km de la course.

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(Château de Val)

Après m’être contenté de suivre leur rythme, je leur ai finalement faussé compagnie, à la faveur de descentes un peu plus appuyées. Je me suis retrouvé esseulé dès le 10 km, à Beaulieu, en ayant toutefois en visu un coureur sur lequel j’ai pu caler mon allure.

Je suis arrivé au ravitaillement, situé à mi-parcours, relativement frais. J’avais gardé à l’esprit les commentaires d’avant course de l’organisateur qui disait que la seconde moitié de la course serait la plus dure. A la table du ravitaillement, j’ai vu que Marlène Vigier, une traileuse locale de renom engagée sur le 65 km, était en conversation avec un autre coureur. Celle-ci était visiblement dépitée et venait d’abonner sur blessure.

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J’ai pris mon temps pour refaire le plein de ma gourde, avaler 4 ou 5 quartiers d’orange et bien m’hydrater avec de l’eau gazeuse.

A peine reparti, j’ai constaté que le coureur que j’avais remarqué quelques instants auparavant me suivait. Visiblement très facile, il est vite revenu sur moi. Après avoir vu que j’étais comme lui engagé sur le 40 km, il m’a proposé de faire course commune. Il m’a alors expliqué qu’il était parti en tête mais qu’il était tombé au 4ème km, et qu’il se ressentait de sa chute. J’ai deviné à ses explications qu’il avait vu mon frère le doubler et que ce dernier était à la poursuite de  l’homme de tête. C’est alors qu’il m’a annoncé que nous nous trouvions aux alentours de la 5ème place, ce qui m’a un peu surpris car je ne pensais pas être en si bonne position.

4Pas fâché du tout de me retrouver en compagnie de ce coureur, j’avais néanmoins un peu de mal à me caler sur son rythme tant son allure était irrégulière et dilettante.

Tantôt devant moi, tantôt derrière, discutant beaucoup avec les autres coureurs et les bénévoles, nous nous sommes suivis jusqu’au ravitaillement du 31ème km où, après l’avoir un peu attendu, nous nous sommes fait doubler par un autre concurrent qui en a profité pour nous fausser compagnie. Cela m’a un peu piqué au vif, et je suis rapidement reparti avec l’intention de rattraper ce coureur. Malgré mes efforts, je n’ai pas pu revenir sur lui dans cette partie finale peu roulante. J’ai finalement franchi la ligne d’arrivée en 6ème position, en 4h16’40 », plutôt satisfait de ma gestion de course.

Au final, j’ai retrouvé dans le parcours de la course des Manants de Port Dieu tous les ingrédients de ce qui incarne, à mes yeux, le trail : des sections en bitume en nombre très limité, des chemins de terre, des sentiers monotrace, de la boue par endroits, des pierriers, du dénivelé, un profil avec de nombreux changements de rythme, des montées sèches, des descentes rapides et techniques, des passages en escalier ou plus escarpés, à la limite parfois de l’escalade, des franchissements de ruisseaux sur passerelle, sur tronc ou façon « pont de singe », du dévers… Bref, un vrai régal et l’envie de revenir l’année prochaine, pourquoi pas sur le Tour du cadran (65 km), pour pouvoir avoir le plaisir de terminer la boucle et d’arriver en centre ville, place Marmontel, de façon un peu moins anonyme que sur le 40 km.

Contrairement à mon frère, arrivé 3ème, qui a dû se plier à un contrôle anti-dopage inopiné, j’ai pu profiter du retour en navette sur le lac. Un vrai moment de détente, au cours duquel nous avons eu droit à un petit concert improvisé par un guitariste.

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Après avoir pris notre plateau repas offert par l’organisation, et nous être douchés, nous sommes revenus pour la remise des récompenses.

Pendant l’attente, nous avons pu assister en direct à l’arrivée de Samuel DANIAUD, un autre périgourdin que nous savions engagé sur l’ultra trail (105 km). Parti à minuit, il a franchi la ligne d’arrivée à une belle 11ème place, après 16h52’16 » d’efforts, devant l’internationale spécialiste d’ultra fond Sylvie PEUCH (1ère féminine).

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(Arrivée de Samuel DANIAUD)

Album photos

Photos de l’organisation

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Greg Runner dit :

    Bravo les gars! Et content de vous avoir donné envie de participer à l’une des courses de l’Aquaterra. 😀

    1. Merci, toujours un plaisir de lire les articles sur ton blog et peut être à un de ces jours sur une course, en Dordogne où ailleurs qui sait, vu qu’avec la Runnosphère vous n’hésitez pas à vous aventurer dans le grand Sud à l’occasion (marathon des villages, de Toulouse, Aquaterra…).

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