Test comparatif SALOMON Sense MANTRA / Sense PRO

La marque SALOMON a récemment étoffé le choix de ses produits avec la création d’une gamme CITY TRAIL spécialement dédiée, comme son nom l’indique, à la pratique du trail en milieu urbain.

Pas moins de 5 modèles différents de chaussures sont désormais proposés, parmi lesquels figurent la Sense MANTRA et la Sense PRO, directement dérivées de la fameuse S-Lab.

Cyril a eu l’occasion de tester depuis quelques mois ces 2 produits et vous livre ses impressions.

Lors de leur sortie, j’ai été immédiatement attiré par les Sense MANTRA développées autour du concept « Door to trail ».

(Video SALOMON running TV S2 E15 – Door to trail)

Au delà du slogan marketing un peu idyllique selon lequel on voudrait vous faire croire que l’aventure est à la portée de chacun et commence au pied de son immeuble, j’apprécie de pouvoir m’évader vers mes parcours nature favoris, en forêt et sur sentier, en partant chaussures aux pieds directement depuis mon domicile. Pour m’y rendre, je dois pour cela emprunter des parties bitumées.

Il me fallait donc une paire de chaussures capable de s’adapter à la diversité des revêtements rencontrés (bitume, gravier, terre, cailloux…) sur ce type de sorties.

Sur le papier, les MANTRA semblaient correspondre à mes attentes et avaient en outre la particularité de réunir plusieurs critères se démarquant des chaussures de trail classiques : drop réduit (6 mn), légèreté (270 gr en 42), conception épurée…

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Le premier essayage m’a confirmé qu’on était bien en présence d’un modèle hybride, à mi-chemin entre un modèle route et trail.

La chaussure est basse et dégage bien la cheville. La semelle s’avère souple, avec des petits crampons triangulaires, révélant ainsi une filiation évidente avec les Sense ULTRA.

Salomon+Sense+Mantra+2+-+chaussures+trail+Homme+-+gris-vert_03[1000x700]

Extérieurement, le mesh est constitué de deux épaisseurs : une première couche plutôt fine et souple, d’apparence fragile, renforcée par des empiècements relativement épais et rigides sur la partie avant notamment, servant ainsi de pare-pierres.

Je me suis aperçu que le modèle chaussait un peu grand, ce qui m’a contraint à choisir une demie pointure en dessous de celle que je prends habituellement. Paradoxalement, aux pieds, j’ai trouvé le chausson plutôt étroit et fin à l’avant, de sorte que je sentais mes doigts de pieds non seulement serrés mais également comprimés au niveau du coup de pied, au bas de la languette. Cette sensation s’est confirmée en courant. Je me suis dit que ça passerait après une phase de rodage. Malheureusement, cela n’a pas été le cas, la chaussure devenant même douloureuse à porter en raison de la contrainte exercée au niveau du métatarse du gros orteil du pied. Je n’ai pourtant pas d’anomalie anatomique à ce niveau là, et je n’avais jusqu’alors jamais rencontré ce type de problème.

Après avoir tenté de desserrer les lacets équipés du système QUICKLACE®, que je découvrais et qui est une véritable réussite à mon sens (à la fois simple et pratique à utiliser avec sa petite poche range lacets intégrée dans la languette de la chaussure), j’ai du me résigner à ôter la semelle de propreté à l’intérieure de la chaussure, ce qui a eu pour effet immédiat de régler le problème.

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En course, le pied est bien maintenu dans la chaussure, grâce à la présence au talon d’un contrefort. Celle-ci se révèle également bien stable et réactive.

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A l’usage, le sentiment de dynamisme prédomine. Contrairement à des chaussures de trail conventionnelles, plus pataudes et lourdes, le modèle permet de relancer en toutes circonstances, en éprouvant des sensations proches de celles que l’on pourrait avoir avec des chaussures de route. Un vrai régal !

Les limites inhérentes à la conception même du produit se trouvent, à mon avis, dans un amorti qui, bien que correct, peut paraître parfois un peu insuffisant dans lors de descentes sévères, où la chaussure va avoir tendance à taper. J’ai pu le vérifier lors de mes sorties effectuées cet été au cours de mes escapades dans le massif du Sancy. De fait, on ne recommandera pas les MANTRA à des coureurs trop lourds.

Il n’empêche, ce sont des chaussures que je n’ai pas hésité à utiliser lors de sorties assez longues : jusqu’à 35 km en entraînement, voire davantage lors du marathon des forts du Périgord (42 km) ou à l’occasion du marathon de Berganty (48 km) .

Les MANTRA s’avèrent également, du fait de leur conception, peu à leur aise sur sol humide et boueux, où la semelle se montre glissante. Elles ne sont pas non plus imperméables. Mais comme on l’a dit, elles ne sont pas destinées à l’origine pour ce type de terrain.

En revanche, sur le sec, la chaussure adhère bien. La semelle filtre également correctement les aspérités du sol et se montre confortable, particulièrement sur bitume, en raison de son cramponnage bien réparti et peu prononcé. Les MANTRA y sont manifestement à leur aise et excellent sur ce type de revêtement.

Après avoir couru près de 600 km avec, la semelle extérieure est encore en bon état, à l’exception de la partie avant du pied où les crampons ont disparu. Un bon point donc pour la marque SALOMON souvent critiquée pour la durée de vie limitée de ses modèles, à ce niveau.

En revanche, le mesh apparaît bien élimé et commence à se déchirer sur les côtés, au niveau de l’avant du pied.

En dépit de ce problème d’étroitesse du chausson, et dans une moindre mesure d’usure un peu prématurée du mesh, j’étais malgré tout tenté de remplacer mes MANTRA par un modèle identique et ce d’autant plus qu’une deuxième version « redessinée avec un fit amélioré », selon SALOMON, venait de sortir, en même temps que les nouvelles Sense PRO.

En comparant les caractéristiques des deux chaussures, j’ai constaté que ce second modèle était non seulement plus léger (20 gr de moins), mais également doté d’un mesh différent. J’ai donc décidé de me laisser tenter par les Sense PRO, que je trouvais en plus plutôt réussies dans leur version jaune/noir.

Salomon-Sense-Pro

En apparence, à l’exception du mesh, on est en présence de chaussures disposant de caractéristiques techniques très proches. Dotées d’une semelle identique, j’ai immédiatement retrouvé dans les Sense PRO toutes les qualités que j’avais découvertes dans les MANTRA.

Là où j’ai trouvé une différence, c’est au niveau du chausson, qui s’est révélé plus confortable. Sans être pour autant beaucoup plus large, le mesh très souple s’adapte à la forme du pied. Si l’absence de renforts rigides (remplacés par des inserts thermocollés) à l’avant notamment, peut avoir pour effet de fragiliser les Sense PRO par rapport aux MANTRA, celle-ci contribue incontestablement à l’élasticité du mesh. A ce niveau, plus aucun problème de frottement ni de douleurs. Je peux utiliser les chaussures sans être obligé d’enlever la semelle intérieure.

Pour le reste, après avoir parcouru 150 km, je n’ai pas encore le recul nécessaire pour émettre un jugement sur la durée de vie du produit, qui restera à vérifier. Je dois toutefois souligner qu’après les avoir utilisées lors du trail de l’AQUATERRA (les manants de Port Dieu – 40 km), je n’ai constaté aucun signe d’usure prématurée, ni de déchirure. Pourtant, il s’agit d’un parcours assez exigeant avec plusieurs passages techniques dans des pierriers, notamment en fin de course.

Pour l’heure, je dois reconnaître que je suis très satisfait de mes Sense PRO. Le plaisir que j’ai à courir avec n’est sans doute pas étranger à l’augmentation de mon kilométrage en trail, que ce soit à l’entraînement ou en compétition.

Conclusion

SALOMON propose avec les Sense MANTRA et les Sense PRO deux modèles très proches dans leur conception. D’un point de vue commercial et tarifaire, une différence de 20 € sépare ces deux modèles, vendus respectivement au prix de 110 € et de 130 €.

Alors que les Sense PRO sont proposées pour un usage entraînement/compétition, les Sense MANTRA sont, selon le fabricant, un peu moins élitistes et davantage destinées à l’entraînement.

Si vous êtes à la recherche d’une paire de chaussures de trail légères, dynamiques et polyvalentes, capables de se comporter comme des chaussures de route, non seulement sur bitume, mais également sur des chemins moins carrossables ou des sentiers plus escarpés, ces deux modèles sont faits pour vous.

Destinées à des coureurs plutôt légers, à foulée universelle, elles offrent un amorti suffisant pour pouvoir envisager de les utiliser sur de longues, voire de très longues distances, à l’instar de Christian MAHE vainqueur de la dernière édition de l’UTPMA (105 km).

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Selon votre pratique, elles pourront être utilisées à titre principal, ou en complément d’une autre paire de chaussures de trail plus cramponnées et mieux armées pour affronter les conditions hivernales, en présence de sols boueux ou glissants.

Test SALOMON Sense PRO sur Runners.

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7 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Arnaud MICHEL dit :

    Salut les coureurs,
    J’ai aussi testé la Salomon Mantra, si ça vous intéresse, voici le résultats de mon test sur mon blog de trail perso : https://verslesommet.wordpress.com/2015/07/18/test-de-la-chaussure-de-trail-salomon-mantra/
    @+++ Les coureurs, Arnaud

  2. Laure dit :

    Bonsoir,

    Avec maintenant un peu de recul, quelle est la durée de vie de la Sense Pro ?

    Sportivement

    1. ccdumonteil dit :

      Bonsoir, les Sense Pro se sont révélées un peu plus solides au niveau du mesh que les Mantra (1ère version), et plus confortables. Je les ai réformées cependant à peu près au même kilométrage (un peu moins de 700 km) en raison de l’usure au niveau de l’amorti, pour ne pas risquer de blessure. C’est un modèle que j’ai globalement apprécié pour sa polyvalence. En complément, je possède également une paire de Sense lab ultra soft ground (https://lespiedsquicourent.wordpress.com/2015/01/09/salomon-s-lab-sense-3-ultra-sg-une-chaussure-tout-terrain/) que j’utilise sur des sols plus gras et humides et en conditions hivernales. Sportivement

  3. Laure dit :

    Merci pour cette rapide réponse ! Par curiosité, les Ultra ont-elles le même chaussant que les Sense Pro, notamment à l’avant du pied ?

    1. ccdumonteil dit :

      La sense lab ultra dispose à l’intérieur d’un chausson élastique intégré à la chaussure. Du coup, le pied est plus à l’étroit et serré. Sur l’avant du pied la différence est moins flagrante entre les 2 modèles, mais la palme du confort revient à la Sense pro pour la place au niveau des orteils à l’avant, qui est plus large. Je pense que les nouveaux modèles (sense lab ultra IV et Sense pro automne hiver 2015) n’ont pas évolué fondamentalement de ce point de vue, cela reste d’actualité à mon avis.

      1. Laure dit :

        Merci pour votre retour !

  4. Laure dit :

    Je précise que je viens de lire le test des Sense 3 ultra SG. J’ai en fait un hallux valgus qui m’empêche par exemple de courir avec une Lab X-series mais qui adore la Speedcross 3 qui n’est pas très large mais dont la tige est souple à l’avant-pied. Je me demandais si le mesh était extensible sur la Sense Ultra V3 ou V4.

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