SALOMON S-Lab SENSE 3 ultra SG : une chaussure tout terrain

Cette année, le Père Noël est passé plus tôt chez Cyril, en lui apportant une paire de SALOMON S-Lab SENSE 3 ultra SG. Une livraison qui ne pouvait pas mieux tomber, à l’approche de la saison hivernale.

Après 2 mois d’utilisation et 200 km parcourus, il vous livre ses premières impressions sur ce produit.

Présentation

Prenez le chausson de la SENSE 3 ultra, un profil et un cramponnage inspirés de la Fellcross, mélangez le tout et vous obtenez une SENSE 3 ultra version SG (softground), entendez un modèle conçu pour courir sur sol souple.

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C’est ainsi, rapidement résumé, que la chaussure est présentée sur le site Internet de SALOMON.

Rapide, basse et légère, c’est pour le fabricant, qui ne manque pas de superlatifs pour présenter son modèle, une « arme phénoménale d’ultra-trail pour terrain meuble ».

Caractéristiques techniques

Comme son nom l’indique, le modèle du test tire son ADN des technologies S-Lab mises au point par SALOMON, reposant sur les concepts suivants :

  • NATURAL RUNNING : véritable poids plume (240 gr en 42), dotée d’un drop réduit (4 mn) et d’une tige basse destinée à libérer au maximum la cheville, la chaussure a été conçue afin de favoriser le mouvement naturel du pied ;

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  • ENDOFIT : un manchon a été placé à l’intérieur du chausson pour un meilleur enveloppement et maintien du pied ;

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  • DYNAMIC TRACTION : cramponnage exclusif conçu par SALOMON afin d’assurer une parfaite adhérence de la chaussure aussi bien sur terrain sec que boueux.

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Ce produits bénéficie également de plusieurs dispositifs technologiques équipant de nombreuses autres chaussures de la marque, tels que le SENSI FIT sans couture pour un meilleur confort, le système OS TENDON censé faciliter le déroulé du pied, ou encore le fameux QUICKLACE pour un laçage facile et rapide.

Notre avis

Arborant les couleurs de la marque, la S-Lab SENSE 3 ultra SG est immédiatement identifiable.

Extérieurement, dans cette 3ème version, elle se distingue du modèle classique par sa finition bicolore noire et rouge (elle n’est d’ailleurs disponible que dans ce coloris) ainsi que par sa semelle un peu plus épaisse, et surtout, différence essentielle, par ses crampons beaucoup plus imposants.

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Le style est épuré et manifeste dans chaque détail le souci dans la recherche de gain de poids qui a pu animer les concepteurs de cette chaussure en la façonnant. On retrouve ainsi une semelle de propreté, collée à l’intérieur, d’une extrême finesse. De même, le rembourrage au niveau de la languette est quasi-inexistant. Quant à celui-ci entourant le talon d’Achille, il semble avoir été optimisé pour éviter la présence de toute matière superflue.

Pour avoir couru avec les SENSE Mantra et utilisant encore actuellement les SENSE PRO de chez SALOMON, j’ai retrouvé des ressemblances entre ces deux modèles et la SENSE ultra, du fait notamment de la présence de dispositifs technologiques communs.

Une filiation qui semble toutefois moins évidente quand on enfile la chaussure. D’abord parce qu’elle taille un peu plus petit que les deux autres modèles. Prévoyez donc une pointure de plus par rapport à la SENSE Mantra et à la SENSE PRO

Le chausson apparaît également plus étroit procurant, de prime abord, l’impression d’être serré. Une sensation due en réalité à la présence du manchon élastique à l’intérieur du chausson, venant envelopper le milieu du pied en épousant au plus près ses formes. Résultat, le maintien est parfait et rendrait presque superflu le laçage. Il n’en demeure pas moins que la chaussure mériterait sans doute d’avoir un peu plus d’espace à l’avant.

Grâce au QUICKLACE, le laçage s’avère extrêmement aisé et rapide. Un système qui, en ce qui me concerne, s’est révélé jusqu’à présent d’une grande fiabilité et qui a démontré toute son efficacité. Les lacets conçus à base de Kevlar n’ont jamais cassé et ne présentent aucun signe anormal d’usure. De même, le système de blocage joue parfaitement son rôle. Les lacets ne se desserrent pas et, surtout, ne se défont pas en courant. Même si le système est intuitif, pour les non-initiés, une petite période d’adaptation pourra s’avérer toutefois nécessaire en raison d’une tendance à vouloir serrer un peu trop fort avec. Pour les allergiques, il est bien évident qu’ils pourront toujours les remplacer par des lacets classiques.

Aux pieds, ces chaussures sont confortables au point de pouvoir, selon certains, être portées sans chaussette. Je les porte, pour ma part, en association avec les chaussettes pro racing trail de chez COMPRESSPORT, et je n’ai jusqu’à présent jamais ressenti avec aucune irritation ni aucun échauffement en course.

Une fois enfilées, les SENSE ultra se révèlent également très souples. Nul besoin donc de les roder ni de les « casser » pour les assouplir. Elles n’ont d’ailleurs nécessité aucune période d’adaptation. Il faut dire aussi qu’elles n’en ont pas eu le temps car j’ai rapidement fait chauffer la gomme avec, lors du trail de Montagrier.

Une souplesse qui est loin d’être synonyme de mollesse. En effet, quelle que soit l’allure, la semelle ne s’écrase pas et filtre bien les irrégularités du sol. On se sent protégé. On doit cette sensation à la présence d’une plaque en carbone, insérée dans la semelle, qui procure à l’ensemble la rigidité nécessaire, sans nuire à l’amorti sec mais présent.

Du fait du drop réduit, on est porté naturellement à courir avec une attaque médio-pied. Il faut donc s’attendre à une sollicitation un peu plus importante des mollets.

En course, le dynamisme des SENSE ultra fait merveille. Elles permettent des relances efficaces, et leur légèreté se fait réellement apprécier aussi bien dans les montées que sur des trails longue distance, ainsi que j’ai pu m’en rendre compte sur la fin du parcours du trail d’Astérius (58 km – 1 200 m D+).

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Au demeurant, c’est finalement là où on les attend le plus que les SENSE ultra se révèlent redoutables : au niveau de l’accroche sur terrain meuble et en milieu humide. De ce côté là, la satisfaction est à la hauteur de l’attente, et ces chaussures tiennent leurs promesses en la matière.

En effet, de par leur conception ainsi que leur mesh aéré et respirant, elles évacuent bien l’eau et sèchent rapidement. Un plus non seulement quand on les porte, mais aussi quand on veut les nettoyer.

Leur adhérence fait merveille sur sol boueux en évitant les glissades, et en améliorant la motricité du coureur. On évite ainsi les pertes d’énergie et de rendement que l’on peut rencontrer dans de telles conditions. Car, il en va des chaussures comme pour les pneus : « sans maîtrise, la puissance n’est rien ! ».

Même en tentant de les pousser dans leurs retranchements, difficile de les mettre en défaut. Je mettrais toutefois un petit bémol concernant l’adhérence sur rochers ou pierres humides.

Pour le reste, même si dans cette version softground, les SENSE ultra préfèrent les terrains souples, elles s’expriment très correctement sur sol sec. Elles ne rechignent pas non plus à aller sur le bitume, du fait de leur semelle à gomme assez tendre, pour autant qu’on limite leur utilisation à de courtes liaisons. Sur une telle surface, on est loin de l’inconfort que peut procurer la SALOMON Fellcross, dans les mêmes circonstances.

Conclusion 

Ambivalente, la SALOMON SENSE 3 ultra SG se paie le luxe de réussir la synthèse parfaite entre légèreté, dynamisme, souplesse, confort, caractéristiques souvent aux antipodes de la chaussure de trail classique, et accroche qui fait généralement défaut sur les modèles conçus spécifiquement pour une utilisation sur route.

Elle répond en définitive à ses promesses, même si elle ne se révèle pas parfaite en tout point. Sur ce plan là, on peut dire qu’elle a finalement les défauts de ses qualités, avec pour corollaire de celles-ci une longévité moindre et un usage plutôt réservé à des coureurs légers.

Ce produit aux finitions irréprochables, conçu pour l’emblématique traileur Kilian Jornet et à partir de son retour d’expérience, avec des matériaux haut de gamme, se paie au prix fort (170 € prix conseillé). On en recommandera donc une utilisation à bon escient, en complément d’une autre paire, pour des sorties d’entraînement en rythme, ou pour la compétition sur terrain gras.

Pour Contre
(+) (-)
Maintien Prix
Légèreté Chausson un peu étroit
Dynamisme Relative fragilité
Accroche
Système de laçage
Qualité de finition et des matériaux
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