FREE TO RUN, le film : courez le voir !

Participer à une avant-première d’un film est toujours un privilège que Cyril a pu goûter jeudi dernier en allant voir FREE TO RUN, qui sortira dans les salles le 13 avril prochain.

La projection s’est poursuivie avec un débat, en présence de Bernard FAURE, au cours duquel Pierre MORATH, le réalisateur, s’est prêté au jeu des questions-réponses.

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Que l’on soit pratiquant ou non, difficile de passer aujourd’hui à côté du running. De sport élitiste, il s’est démocratisé en un loisir de masse devenu extrêmement populaire. Mais, cela n’a pas toujours été le cas.

Le film nous replonge plus de 40 ans en arrière, à une époque où courir n’était pas encore entré dans les mœurs, où il fallait se cacher du regard des autres et de la société au risque de paraître suspect, de passer pour un hurluberlu, un détraqué voire un pervers si l’envie vous prenait d’ôter votre t-shirt à la vue du public.

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Un temps où la course à pied était une discipline réservée principalement aux hommes, cantonnée dans les enceintes de stades, sous le contrôle des fédérations d’athlétisme, et où le professionnalisme n’avait pas sa place.

A travers l’histoire du marathon de New-York et de son créateur (Fred LEBOW) – servant en quelque sorte de fil rouge à ce film-documentaire – Pierre MORATH nous apprend comment la course à pied a peu à peu séduit les foules, en devenant un véritable phénomène social.

Agrémenté de plusieurs témoignages et de portraits d’athlètes, de journalistes ou de personnalités engagées dans ce milieu, on découvre comment ce sport s’est développé sur la base de différents mouvements revendicatifs et contestataires : lutte de Steve PREFONTAINE en faveur de la rémunération des athlètes, combat mené par Kathrine SWITZER pour l’émancipation des femmes…

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Porté par la narration impeccable du comédien Philippe TORRETON, ainsi que par un très bon choix de musiques, le spectateur est emporté dans cette épopée.

Passant d’un ton émouvant, voire dramatique et bouleversant (lorsque l’on assiste notamment à l’arrivée titubante de la coureuse Gabriela ANDERSEN-SCHIESS lors de l’épreuve du marathon qui s’est courue aux JO de Los Angeles en 1984), à des séquences plus légères, comiques ou exaltantes, on souffre, on est ému, on vibre, on ressent ce besoin de liberté, autant de sentiments qui animent chaque coureur qui sommeille naturellement dans nos gènes. On se surprend même par moments à trépigner sur notre siège, tant l’envie est grande parfois de rejoindre, dans leurs efforts, les protagonistes à l’écran.

Plus qu’une critique, le film s’achève sur un constat : celui de la dérive mercantile observée au niveau de la course à pied. Que l’on soit pour ou contre, on ne peut pas nier que ce débat agite aujourd’hui la communauté des coureurs, y compris jusque dans le microcosme périgourdin.

Spiridon 005Entre les tenants et les opposants à cette marchandisation, a priori inconciliables, Noël TAMINI, co-fondateur de la revue SPIRIDON, suggère une posture de raison et de bon sens. Dans le choix pléthorique qui s’offre aujourd’hui aux pratiquants, chacun est libre finalement d’acheter tel ou tel produit, ou de s’inscrire à telle ou telle course en y consacrant le budget qu’il a décidé.

Au demeurant, cette vérité vaudra tant qu’aucune organisation ne viendra pas monopoliser cette offre. De ce point de vue, on ne peut qu’observer avec un regard dubitatif la montée en puissance de sociétés comme AMAURY SPORT ORGANISATION (A.S.O) dans le milieu de la course à pied, et notamment des marathons, l’emprise grandissante de l’organisation ITRA dans le milieu du trail, ou la transformation de courses comme l’UTMB, Les Templiers ou la Diagonale des Fous sous l’influence du sport business…

Une critique pourra être adressée concernant les dernières minutes du film, qui semble adopter une tonalité plus nostalgique, regrettant le temps passé.

D’abord, parce que nombre de courses qui ont fait la légende de ce sport existent encore. Pour la France, on peut citer notamment la mythique course Marvejols-Mende, ou bien encore les 100 km de Millau ou de Belvès (dont on peut revivre l’histoire avec le livre de Michel CARCENAC : Les 100 km de Belvès – une naissance dans l’enthousiasme).

Mais surtout, on serait fondé à penser que l’épopée du running se poursuit aujourd’hui, sous une forme différente, à travers l’engouement en particulier des coureurs pour le trail et les sorties en nature, sujet qui n’est quasiment pas abordé dans le film, lequel fait la part belle aux courses sur route.

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Enfin, mais c’était sans doute un parti pris du réalisateur, on aurait également aimé que l’étude du développement de la pratique de la course à pied ne se limite pas uniquement au niveau des sociétés occidentales.

Quoiqu’il en soit, Pierre MORATH qui aura travaillé 7 ans à la réalisation de ce film, visionnant avec ses équipes près de 6 000 heures d’archives, nous livre ici une œuvre cinématographique de grande qualité qui devrait faire date et prendre sa place dans le haut du classement des films consacrés à la course à pied.

Et, sans doute, nombreux sont ceux qui, après avoir visionné FREE TO RUN, pourront désormais répondre à ceux qui leur demande à quoi ils ont pensé en courant, que c’était au film de Pierre MORATH.

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Remerciements à Clodomir COUTON et à ENDURANCE SHOP Périgueux pour l’invitation.

Fiche Allociné

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. lafargue dit :

    Encore un article très bien écrit qui donne envie….
    Rdv donc le 13.

    1. ccdumonteil dit :

      Merci Patrick, oui à ne pas rater et ce d’autant plus que les films qui traitent de la course à pied ne sont pas si nombreux

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