L’Aquaterra : aux sources du trail

En course à pied il en va comme pour le reste, la mémoire est souvent sélective et a tendance à ne retenir que le meilleur.

Il faut croire alors que nous avons gardé un bon souvenir de notre première participation en 2014, au trail de l’Aquaterra (sur l’épreuve du 42 km – les manants de Port-Dieu), car nous avons eu, depuis, souvent l’occasion d’en reparler entre nous et autour de nous.

Aquaterra 2016

Nous sommes revenus sur place l’an dernier, lors d’un week-end trail, à l’occasion duquel nous en avons profité pour mieux découvrir les abords du lac ainsi que les Orgues de Bort, qui font de ce lieu un site remarquable.

Cette année, grâce au programme de fidélité de Running Heroes, nous avons eu la chance de gagner 2 dossards mis en jeu par les organisateurs de l’Aquaterra. Une occasion que nous n’avons pas laissé passer. Il ne restait plus alors qu’à choisir la distance et surtout à bien se préparer.

Parce que c’est une distance qui lui convient bien, Cédric a décidé de renouveler l’aventure sur la course des manants de Port-Dieu (42 km). Curieux de découvrir le parcours dans sa partie la plus authentique et sauvage, et de s’aventurer « into the wild », Cyril s’est quant à lui laissé tenter par le tour du cadran (70 km). Une distance également choisie par Jeanette avec qui nous avons fait route commune et qui nous a accompagnés dans cette aventure.

Du côté de la préparation, après avoir enchaîné au mois de juin le marathon de Coulon, le trail Ultra marin du Golfe du Morbihan (version 56 km) et une sortie au Sancy avec les Coureurs du Périgord, on peut dire qu’au niveau du travail foncier nous étions prêts.

Arrivés sur place, nous en avons profité pour pique-niquer sur une aire située à côté du barrage. Le hasard a voulu que nous nous trouvions sur le passage de la course. Rien de mieux qu’une petite balade digestive pour aller repérer les 3 premiers kilomètres du parcours, situés entre le départ et la plage de la Siauve. Nous avons alors constaté que cette partie avait été modifiée par rapport à 2014. Malgré les nombreuses parties ombragées, nous nous sommes aussi aperçu que, à cette heure de la journée, le soleil au zénith tapait fort. Avec une température annoncée avoisinant les 30 degrés, ça risquait de chauffer le lendemain.

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Le temps de passer à notre hôtel pour y déposer nos affaires et faire une petite sieste, nous sommes ensuite descendus en centre ville, place Marmontel, histoire de nous imprégner de l’ambiance de la course et de faire monter un peu la pression. Nous avons retrouvé sur place Greg, un autre coureur du Périgord, engagé sur l’ultra (110 km), qui avait décidé de se relancer après sa participation inachevée aux 80 km du Mont-blanc, à cause d’une barrière horaire plus contraignante que prévue.

En retirant son dossard, Cyril a découvert que le corrézien Thierry Breuil (3 fois champion de France de trail, vice-champion du monde par équipe de la discipline et vainqueur des Templiers), avec qui nous avions eu l’occasion de courir à plusieurs reprises autour du lac de Chasteaux, était venu s’ajouter en dernière minute à la liste des inscrits sur le tour du cadran. Assurément une belle tête d’affiche qui allait mettre le feu à la course !

Récit de course de Cyril

Avec une distance inédite et jamais atteinte en course jusque là pour moi, et une seconde partie de parcours à découvrir, on peut vraiment dire que je m’aventurais cette année en terra incognita.

La nuit fut courte mais bonne, malgré l’excitation de la course. Pendant que je me préparais, un sms est arrivé sur mon portable. C’était Greg, parti à minuit. Il me donnait des nouvelles, mais pas celles que j’attendais. Il m’annonçait qu’il venait d’abandonner sur entorse et qu’il partait aux urgences. Vraiment pas de bol… Très déçu pour lui, j’essayais malgré tout de rester concentré en me disant qu’il faudrait être vigilant sur ce parcours technique, où la moindre erreur ne pardonne pas.

Arrivé à la navette qui allait nous mener jusqu’au barrage, je retrouvai Jeanette et l’intarissable Alain Létard, l’animateur de la course. Il en connait un rayon sur les coureurs et il a toujours un mot sympa pour chacun. Sa mine joviale et ses encouragements vous motivent pour la journée.

A peine descendu du bus, j’en ai profité pour aller saluer Thierry Breuil qui était en train de se préparer. Manifestement peu renseigné sur les participants, je lui apprenais qu’il aurait sans doute à batailler avec un autre favori, Sylvain Perrin, membre du Team Hoka.

Mon objectif premier était clair : finir. Je suis donc parti très tranquillement avec l’idée que la course ne commencerait pour moi qu’après Monestier Port-Dieu.

Les 8 premiers kilomètres ont défilé sans même que je m’en rende compte. C’est Rémy Jegard, en train de prendre des photos pour la revue Runningmag, qui m’a sorti de ma torpeur. Un petit coucou en passant et, sans doute un peu mieux réveillé, il m’a semblé reconnaître la silhouette de Ludovic Dilmi, un coureur d’ultra-fond membre de l’équipe de France des 24 h au palmarès impressionnant, que je n’avais pas vu dans la liste des inscrits.

J’en ai eu la confirmation lorsque, au 15ème km (au point de jonction avec le parcours de l’ultra), le groupe de tête emmené par Thierry Breuil, qui s’était perdu, est revenu vers nous. Un regroupement s’est alors opéré, et nous nous sommes alors retrouvés une vingtaine de coureurs.

Les choses se sont rapidement décantées et, chemin faisant, j’ai été amené finalement à faire route commune avec Ludovic Dilmi et un autre coureur, Willy, dont j’ai découvert au fil de la discussion qu’il était non seulement originaire de Dordogne, comme moi, mais qu’il travaillait dans le même établissement hospitalier que ma femme !

Chacun dans son style, Ludovic Dilmi avec facilité et en toute décontraction et Willy avec ses bâtons utilisés à bon escient, nous nous sommes suivis jusqu’à Monestier où je leur ai fait signe de ne pas m’attendre. Je sentais que la chaleur commençait à faire son effet et je ne voulais pas me mettre en sur-régime.

Le reste de ma course fut un peu plus solitaire, ce qui m’a permis de bien découvrir cette fin de parcours qui n’est accessible qu’une seule fois dans l’année. Un vrai régal, mais qui se mérite !

Malgré la difficulté de ces 30 derniers kilomètres et la température élevée, j’ai su bien gérer mon affaire. Pas de crampe ni de problème gastrique, j’ai pris beaucoup de plaisir.

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Cédric était là, juste avant l’arrivée, pour immortaliser l’instant. J’ai vraiment pu savourer en franchissant la ligne (10ème) après 9h46′ de course : un bien joli tour de cadran en effet, et dans tous les sens du terme, que ce trail de l’Aquaterra !

Ne restait plus alors qu’à profiter de l’après-course, très satisfait d’être finisher, en assistant au podium de Cédric (1er M1 sur le 42 km) et de Jeanette qui a brillamment terminé 2ème féminine (sur le 70 km).

Récit de course de Cédric

Lorsque l’on participe pour la deuxième fois à une course, l’objectif logique consiste, dans le mesure du possible, à faire aussi bien voire mieux que la première fois. Le challenge apparaissait plutôt corsé puisque j’avais eu la chance, contre toute attente, d’accrocher une 3ème place en 2014, sur le trail des manants de Port-Dieu.

En réalité, mon objectif du jour était plutôt, comme à chaque fois que j’épingle un dossard, de prendre du plaisir et de donner le meilleur de moi-même. Plus que le classement final, mon chrono de 2014 (4h08′) constituerait la jauge d’appréciation de ma performance.

J’avais l’avantage cette année de connaître le parcours, même s’il a subi de légères modifications avec pour conséquence de le rallonger de quelques hectomètres.

Malheureusement, ce petit avantage n’a pas pesé bien lourd face aux températures élevées et bien moins favorables que celles que nous avions connues en 2014.

Après un départ rapide, j’ai essayé de m’accrocher au groupe de tête composé de 6-7 coureurs. Mais, compte tenu des conditions du jour et de la deuxième partie du parcours que je savais plus difficile que la première, j’ai préféré laisser filer avec l’espoir de reprendre quelques coureurs par la suite. Je n’avais de toute façon pas les jambes pour suivre.

Espoir vain car, au fil des kilomètres, j’ai dû me rendre à l’évidence. Les sensations étaient moins bonnes qu’il y a deux ans, notamment sur les parties roulantes, sans compter les nombreux arrêts aux points de ravitaillement qui ont fini de balayer toutes mes ambitions du jour.

Après avoir malgré tout réussi à dépasser deux coureurs, je termine finalement en 4h09′ à la 5ème place. Un résultat qui me vaut une première place par catégorie, obtenu au terme d’une course mieux gérée qu’il y a deux ans, où j’étais parti plus vite avant de faiblir nettement sur la fin.

Cyril, qui s’était élancé une heure plus tôt sur le même parcours, pour effectuer la première partie du tour du cadran, avait pronostiqué que je le rattraperai en course. Là encore le challenge était difficile à tenir pour moi. Il s’avère que sa prévision n’était pas si folle que ça puisqu’il s’en est fallu d’à peine trois minutes pour que je le rejoigne à Monestier-Port-Dieu, point d’arrivée pour moi et de ravitaillement pour lui.

Alors que j’avais été privé du retour en navette fluviale en 2014, pour cause de contrôle anti-dopage (!), j’ai pu apprécier cette année le retour sur le lac.

(Retour en navette fluviale)

Photos

Photos (Running mag)

  • Vidéos :

Le Trail-Aquaterra comme si vous y étiez ! (France 3)

Aquaterra – J’irai courir chez vous (Laurent Maillot) : Episode 1 – Episode 2 – Episode 3 – Episode 4 – Episode 5 – Episode 6 – Episode 7 – Episode 8

 

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